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Nouvelles juridiques

Procès en appel semaine 44 (03/11/2010)
(samedi 13 novembre 2010)

PROCES EN APPEL HORMONES DE CROISSANCE

COUR D’APPEL DE PARIS LE 3 NOVEMBRE 2010

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Journée consacrée à l’audition des témoin et experts
Ø Yves Coquin
Ø Human Rezaï et Joëlle Chabry


Synthèse
Journée intéressante, pleine d’enseignements avec Yves Coquin, pleine de fraicheur et d’intelligence avec Human Rezaï et Joëlle Chabry


Témoin,Yves Coquin, 64 ans, Médecin

Il est à la direction de la santé et du médicament en 1981. Après le signalement des cas américains dans le quotidien du médecin, on lui demande de regarder le processus de fabrication de l’hormone de croissance en France. Il fera une comparaison entre le système de fabrication dans les laboratoires industriels et à France-Hypophyse. Sur le papier la récolte semble correcte, la fabrication permettait d’éliminer les virus et conforme aux méthodes. Malgré tout, les scientifiques ont essayés des choses très différentes et disparate. Avec les produits biologiques ont est sûr de rien, on ne fait pas tout et n’importe quoi. Un produit biologique n’est pas une molécule seule, ce qui compte surtout sur le procédé de fabrication.

Experts, Human Rezaï, 39 ans, Directeur de recherche à l’INRA sur les phénomènes d’agrégation du prion.
Joëlle Chabry, Directeur de recherche à Sophia Antipolis, déjà venue en semaine.

Les 2 experts, Human Rezaï cité par les parties civiles, Joëlle Chabry citée par la défense, sont souvent d’accord, sauf parfois sur des détails techniques. Parfois les avocats se disputent entre eux, sur la forme, et sur les relations avec les experts. Ceux-ci se regardent, rient, écoutent. Joëlle Chabry, fait plus attention à ce qu’elle dit, alors que Human Rezaï est plus spontané. Il va faire les remarques suivantes :

Si du prion pathogène est mis dans les colonnes, dans un premier temps celui-ci est piégé. Si les colonnes ne sont pas changées, le prion est relargué périodiquement. Donc la technique de séparation par taille ne fonctionne pas. Mme Chabry confirme et indique que cette spécificité est indiquée par Prusiner dès 1977.
Les prions sont concentrés dans les culots, donc le l’usage des culots P3 est la meilleure façon de trouver du prion pathogène.
Par contre l’usage du dimère ne semble pas être plus dangereux si il a plusieurs passages dans les colonnes, car le monomère est déjà dangereux
A l’époque l’absorption sur les colonnes est déjà connu
A l’époque le collage sur les colonnes est déjà connu
A l’époque les méthodes de nettoyage des colonnes est déjà connu, depuis la nuit des temps, il n’a jamais changé.
Lorsque le Président lit la note de Montagnier, H Rezaï le trouve très clairvoyant. J Chabry, pour défendre Dray, fait remarquer que les précautions sont surtout sur la collecte.
H Rezaï fait remarquer que depuis 1900, pour traquer le prion tout au long de la production, il faut utiliser du charbon actif. Le prion qui est très collant va venir se fixer dessus.
Acocat Général : Pouvez vous classifier les facteurs de risques en ordre décroissant
H Rezaï : 1 Pyrogène
2 Culot P3
3 Protéine collante
4 Le dimère
Dray se lève Je veux poser une question. Je ne peux pas attendre
Le président Wacogne : Pourquoi ?
F Dray prendra la parole à la fin

F Dray précisera que les culots P3 étaient traités à la soude.

M Dangoumeau viendra à la barre, mais ne nous apprendra rien de particulier


Compte rendu détaillé de la journée

Président : Nous vous écoutons.
Coquin : J’étais directeur de la pharmacie du médicament en 81. Fin avril 85, j’ai eu mon attention attirée par un entrefilet dans le quotidien du médecin relatif aux 3 jeunes américains décédés de la Mcj après un traitement par hormone de croissance. Je tiens à dire que je connaissais le traitement en France à l’hormone de croissance extractive. Mais de part ma fonction, je n’avais aucune raison particulière de m’intéresser à l’hormone. Ces 3 cas américains n’étaient pas une coïncidence, une semaine plus tard environ, j’ai été chargé d’enquêter sur ces cas américains et sur le traitement de l’hormone en France en général. J’ai donc organisé des réunions avec l’Uria de Pasteur, mais aussi avec les firmes industrielles, France-Hypophyse et la D.G.S. Cette enquête a révélé concernant ces 3 cas américains, que ces jeunes avaient été traités dans les années 60 avec une hormone américaine issue d’un labo américain. France-Hypophyse nous a présenté son protocole sur la collecte, protocole qui nous semblait correct ( vous a t il parlé des garçons de morgues qui collectaient en douce les hypophyses, souvent dans des hôpitaux contre indiqués ?). Nous avons ensuite étudié la procédure de purification et d’extraction (procédé Lowry). Tout cela nous semblait conforme ! En ce qui concerne l’Uria, il utilisait des colonnes de concanavaline qui retenaient les glycoprotéines, le 2° étages concernant la dénaturation à l’urée. Ce procédé avait été validé dans des articles médicaux.
Coquin parle ensuite des essais faits dans ces colonnes pour inactiver l’infectant.
Le résultat était que le produit était exempt de toute contamination (Et les 120 décès ?).
Le résultat a été publié dans le « Lancet ».
Coquin parle ensuite de la nvMcj et des essais qui ont été faits se basant sur ceux effectués pour l’hormone de croissance, et l’inactivation efficace à l’urée.
Il était impossible de sécuriser totalement la collecte des hypophyses.
Suite à ce rapport, il a été demandé à toutes les firmes produisant l’hormone d’utiliser ces deux nouveaux procédés concanavaline et urée. J’ai expliqué cela à France-Hypophyse, il n’y a pas eu de remarque particulière. D’ailleurs, Dray a accepté de retraiter immédiatement un lot qui était près à partir à la PCH. Dormont avait d’ailleurs accepté de valider cette nouvelle façon de faire. Après l’été 85, je ne me suis plus occupé de ce problème.
Président : La période de mai à juin 85, votre action avec Dangoumeau ?
Coquin : Vous me demandez d’être plus détaillé. Coquin revient sur ses dires et sur la mission qui lui avait été confiée.
Les cas américains n’avaient rien à voir avec les enfants traités par France-Hypophyse et Pasteur. Le procédé Pasteur semblait correct mais il a été décidé quand même d’y adjoindre 2 nouvelles procédures ( concanavaline et urée). J’ai rendu compte de ma mission au directeur de la pharmacie, et c’est pour cela qu’il y a eu la lettre du 10 juin 85 aux labos et firmes industrielles.
Président : 2 notes l’une du 20 mai et l’autre du 25 mai, note ou vous écrivez « Avec l’hormone de croissance, on n’a fait n’importe quoi…. ! »
Coquin : Quand on examine les différents procédés, il y avait une recherche assez disparate.
En matière de produits biologiques, on n’est sûr de rien. Mes propos « on a fait tout et n’importe quoi «  sont un peu excessifs.
Président lit une partie du rapport de Coquin en 85. Il parle des doses que Sérono devait reprendre et retraiter.
Président : L’ont elles été ? Il lit également une déclaration que Coquin a fait à la police comme quoi les lots Sérono auraient bel et bien été distribués sans retraitement.
Président : L’arrêt du traitement chez les enfants ?
Coquin : Les pédiatres, M. le président, il faut être très clair, il apparaît aujourd’hui que c’était un traitement de confort ! Mais le nanisme hypophysaire existe bien. Les pédiatres en choisissant ce médicament l’ont fait en conscience en parfaite connaissance du produit. Ils ont mis en plus une structure permettant de contrôler les traitements afin qu’il n’y ai pas d’excès. A cet égard, j’ai toujours considéré ce dispositif louable. Aujourd’hui on sait que l’hormone était contaminée, mais en 85 on l’a pensait sûre. La décision que nous devions prendre devait tenir compte des données scientifiques de 85 et l’acceptabilité sociale pour les familles à qui on faisait miroiter
Président : L’AMM ? S’il y en avait une, peut être n’ou n’en serions pas là aujourd’hui ?
Coquin : Je pense que la focalisation sur l’AMM est totalement surréaliste. Tous les médicaments de l’époque, n’avaient pas d’AMM, il y avait des préparations hospitalières sans AMM. Reportons nous en 85 ! De quoi parle t on ? L’AMM n’existait mais c’était des visas distribués par une commission de visas. J’ai participé à 2 ou 3 de ces commissions. J’en suis sorti horrifié ! Il suffisait d’un article signé par un grand professeur pour que le visa soit accordé sans coup férir ! En 78, c’est mise en place une nouvelle procédure bien plus exigeante. L’AMM apporte une sécurité admirable mais par contre, il ne faut pas croire que cela est absolu. Coquin parle d’un cas de contamination ou le labo privé Sandoz a retiré tous ces lots (rétro virus). ( Cqfd, il fallait bien retirer toutes les hormones même celles déjà chez les patients dans leur frigo…) Il parle aussi de l’héparine (2007) tirée du foie de cochons chinois contaminés par la fièvre (plusieurs centaines de décès). Voyez, même avec une AMM, on n’est pas à l’abri…..
Président : Le retrait des lots, vous venez de l’évoquer pour la cas Sandoz ?
Coquin :Voyez la lettre du 10 juin, nous avons demandé que ne soit utilisé sur le territoire national que des produits retraités. Cette note aurait dû être transmise aux pharmaciens qui auraient dû procéder au retrait. La danger n’apparaît pas dans l’immédiat. Quand on rappelle des produits au domicile des personnes, il faut un défaut de ce produit ou alors que le produit soit contaminé. Coquin compare alors les hormones aux œufs des grandes surfaces qu’on ne rappelle pas. Le pharmacien aurait du contrôler le rappel de ces lots.
Le président lit ensuite la lettre adressée aux labos privés et celle écrite à Job.
Coquin : Nous voulions qu’il sursoit à de nouveaux traitements en attendant d’avoir les résultats de nos analyses. De plus une hormone biosynthétique était en cours d’expérimentation.
A.Général : Pourquoi lorsque vous intervenez dans cette crise, vous focalisez sur la procédure de purification et non pas la collecte ?
Coquin : Tout d’abord, ce n’était pas une crise ! Tous les produits biologiques sont susceptibles d’être contaminés et d’être découvert d’être à posteriori ! Coquin parle du cancer du singe (virus SV 40). Je reconnais que nous étions loin d’imaginer que les hypophyses étaient collectées de cette façon. Coquin prend l’exemple d’un individu de 57 ans, en bonne santé, renversé par un véhicule, transporté dans le coma à l’hôpital ou l’on prélève son hypophyse suite à son décès, sans savoir qu’elle est truffée de prions (Mcj sporadique). J’ai appris pendant ma carrière médicale d’être extrêmement prudent sur l’avenir !
A.Général : la 3° mesure, non indiquée mais utilisée par Pasteur : le dimère ! Pourquoi cela n’est pas évoqué et pourquoi son abandon par Pasteur ?
Coquin : J’ai renoncé à me faire une opinion, la question du dimère a bel et bien été discutée. Je n’ai plus en tête le détail de ce qui s’est dit il y a plus de 25 ans.
A.Général : Cette question a t elle été occultée de votre rapport ?
Coquin : C’est vrai !
A.Général : Pasteur avait une politique discriminatoire, il mélangeait le dimère et le monomère des hypophyses françaises, mais n’utilisait que le monomère sur les hypophyses bulgares ? Il relit la déclaration de Coquin à la police judiciaire.
Coquin : On peut considérer que les hypophyses bulgares étaient de 2° ordres (attention à l’eugénisme, Monsieur….) , c’est pour cela qu’on n’utilisait que le monomère.
A.Général : les pyrogènes ?
Coquin : j’ai interrogé là dessus, il peut y avoir des résidus, ces fragments là, on essaye de les éliminer par des tests. Ces pyrogènes doivent être éliminés. C’est fâcheux, pour autant ils ne constituaient pas un danger. Mais la présence de pyrogène, ça fait mauvais genre !
A.Général : Vous avez dit que les patients étaient des consommateurs ? Peux t on accepter des pyrogènes dans des médicaments ?
Coquin : La règle est de mettre sur le marché des produits non défectueux (exempt de pyrogène)
A.Général : les produits avec AMM n’ont pas de pyrogène, cela a donc quand même son utilité ? Vous avez dit la présence de pyrogène est signe de grand défaut de fabrication, vous ne remettez pas en cause cette affirmation ?
Coquin : Je ne le nie pas, je veux mettre un bémol : pyrogène = défectuosité !
A.Général : la phase finale de l’hormone était Opodex sous traitant régulièrement contrôlé (salle blanche, stérilité etc..) ?
Coquin : il est clair que la probabilité d’une contamination vient plus en amont qu’en aval, c’est incontestable, il faut voir !
A.Général : Voir quoi ?
Szpiner : Les rapports entre la DPMH et France-Hypophyse ?
Coquin : rapports classiques entre administration et association. France-Hypophyse voulait que les pouvoirs publics participent à cette association.
Szpiner : En 85, vous devez éclairer Dangoumeau ? Avez vous assisté à des réunions de France-Hypophyse ?
Coquin : Non
Szpiner : Avez vous contacté votre collègue qui y participait ?
Coquin : Oui, elle a d’ailleurs été associée à mon compte rendu
Szpiner : N’était elle pas juge et partie ?
Coquin : Non, elle juste s’assurer que les citoyens ne pâtissaient pas de l’association. Certes, il peut y avoir des appels du pied, des collusions dangereuses (Coquin tape sur la barre avec son doigt).
Szpiner : L’AMM, surréaliste selon vous ?
Coquin :J’ai employé ce terme pour expliquer le décalage, le fait que l’hormone ait pu être contaminée avec ou sans AMM.
Szpiner lit la déclaration de Coquin à la police. Coquin se plaçait dans le cadre d’une AMM. Etiez vous donc décalé ?
Coquin : Je suppose que l’hormone de croissance n’a pas eu de visa en tant que spécialité pharmaceutique. Donc, dans l’esprit des fondateurs de France-Hypophyse l’hormone était un médicament d’exception. Je n’ai jamais remis en cause les vertus de l’AMM.
Szpiner lit une phrase de sa déclaration toujours relatif à l’AMM.
Coquin : La réputation de Job et Royer était elle qu’ils auraient eu une AMM sans coup férir.
Szpiner : Ce n’est pas ma question ?
Coquin hésite à répondre.
Président : Il va peut être répondre.
Szpiner : Vous êtes optimiste, monsieur le président !
Président : toujours maître !
Coquin : Mais de toute façon, l’hormone était un médicament orphelin. Sans aucun doute, Job et Royer auraient eu ce visa s’ils l’avaient demandés.
Szpiner : Sur la collecte, quelles ont été vos investigations ?
Coquin : Je n’ai pas fait d’investigation, à part de demander le protocole de la collecte au labo. Mon rapport devait parler de la fabrication.
Szpiner titille l’expert sur les règles de prélèvement (exclusion)
Coquin, genre désabusé lève ses bras en l’air. Il à l’air mal à l’aise.
Honnorat : les procédures de fabrication ?
Coquin : Quand on analyse un procédé, on doit y regarder. Il est vrai qu’on a moins examiné les procédures. On n’est pas allé très loin dans le détail de ces procédures.
Honnorat : les contrôles qualité ?
Coquin : On a eu les infos par la PCH. Pour l’avoir, je ne me rappelle plus les infos fournies sur les procédures.
Honnorat lit une partie de la déclaration de Coquin sur les BPF.
Coquin : A l’époque, cela n’était pas condamnable, aujourd’hui ?
Mor : Qui était le prescripteur ?
Coquin : Il y avait un prescripteur et un feu vert (France.Hypophyse) qui validait la prescription.
Mor : Quel aurait été ce système avec une AMM ?
Coquin : Les firmes vendaient l’hormone à un certain coût, et il faut beaucoup d’hypophyses pour faire un peu d’hormone. Ensuite il parle d’un autre cas et de l’hormone synthétique. Plusieurs publications ont affirmé que l’agent actif de l’hormone bio synthétique pouvait donner des cancers digestifs.
Mor : Vu la notoriété de Job et Royer, ils auraient eu un visa ou une AMM ?
Coquin : Les conditions étaient différentes. L’exigence entre visa et AMM s’est mise en place progressivement. Aujourd’hui je ne le pense pas. La mise en forme d’un dossier pharmaceutique se fait plus difficilement. Coquin revient sur son expérience personnelle
Même si les éléments cliniques étaient de bonne qualité, je doute qu’ils aient eu une AMM et je ne sais pas si France-Hypophyse aurait vu cela d’un œil favorable.
Mor : le représentant de la DPMH qui siégeait à France-Hypophyse ? Comment ce représentant n’a t il pu faire entendre sa voix, ils ont été qualifiés « d’agents dormants » ?
Coquin : Je ne sais pas si on peut les qualifier »d’agents dormants » Je n’ai pas pu vérifier s’ils ronflaient pendant les C.A de France.Hypophyse. C’est là toute ma réticence.
Ils ont été en fait des gens qui voulaient aller de l’avant, des pionniers. L’administration apparaît comme une organisation qui véhiculent des retards. Ils auraient du se manifester, j’en conviens. Ma collègue s’est peut être exprimée, ses dires ont peut être été balayés.
Mor : Dangoumeau a déclaré avoir découvert France-Hypophyse au moment de la crise ? Apparemment le directeur n’était pas informé de ce qui se passait à France-Hypophyse ?
Coquin : Je suis comme lui, j’ai découvert France-Hypophyse en même temps que lui. Il ne pouvait pas tout savoir. Pour se pencher sur un dossier particulier, il faut un signe d’alerte. Quand le dispositif s’est mis en place en 73, on a dit « amen » et les pouvoirs publics ont répondu « amen ».
Mor : les destructions des lots, le risque potentiel avéré ?
Coquin : Il faut se baser sur ce que l’on connaissait à l’époque. Taylor indiquait le peu de risque ( Coquin semble avoir de l’émotion dans la voix). On avait un procédé valide, on mettait des barrières supplémentaires, on avait la pression des familles, on ne pouvait pas imaginer cette tragédie. J’y pense tout le temps.
Triboulet : A l’Uria, on fabrique un principe actif ?
Coquin : Pas autre chose !
Triboulet : Vous avez indiqué que lez recyclage des queues de lots n’étaient pas interdits ?
Coquin : A l’époque.
Triboulet : Les BPF applicables depuis 2000 mais pas à l’époque ?
Coquin : Bien entendu, bien entendu !
Triboulet : Les contrôles de pyrogène relèvent de la PCH ?
Coquin : Je ne suis pas sûr aujourd’hui, le contrôle pyrogène se fait au stade final.
Triboulet : Votre note du 10 mai 84 « On a fait n’importe quoi avec l’hormone » Le n’importe quoi c’était au niveau des prélèvements ?
Coquin : Cela vise l’ensemble, j’ai toujours été un peu révolté dans la manière ou on a prélevé chez les cadavres.
Triboulet parle ensuite du traite à la concanavaline et à l’urée.
Dray intervient et parle des propos justes et du brio de Coquin (petit coup de brosse à reluire au passage !). Néanmoins, il corrige quelques erreurs de Coquin et parle technique encore et encore…….

Fin audition 12h35.
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Reprise audience 14h20.

Audition de Rezaï Human et de Chabry Joëlle.

Rezaï, Human, directeur INRA, 39 ans, spécialiste protéine Prion depuis 2000.

Rezaï : Ma spécialité est l’agrégat du prion, ses diverses techniques actuelles.
Président : le prion sous toute ses formes ?
Rezaï : Toutes ses formes, humaines et animales.
A.Général : Vous êtes directeur de recherche à l’INRA. Vous étudiez le risque prion ?
Rezaï : J’étudie le prion, en tri dimensions, avant qu’il ne devienne pathogène.
A.Général : Vous avez cristallisé le prion ?
Rezaï : En 2004, on a résolu sa structure tridimensionnelle dans l’espace.
A.Général : Les dernières connaissances connues ? Aspect biochimique etc.…
Rezaï : 2 formes normales et pathogènes, (allongée, agrégée). La forme monomérique n’a pas été identifié à ce jour.
A.Général : La forme pathogène ?
Rezaï : Pour le hamster, il faut une forme pentamère (5 prions), mais cela ne s’applique pas au cerveau humain ou à d’autres espèces.
Chabry : En 2010, on ne peut pas dire la taille d’un prion environ environs 300 000 daltons, de gros oligomère.
Rezaï : On n’a pas toujours la forme monomérique infectieuse à ce jour.
A.Général : Si je fais passer sur une colonne monomérique ?
Rezaï : Il est peu probable qu’on est de l’infection, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. L’urée peut dénaturer toutes les structures. Quand vous mettez de l’urée, vous « démontez » le prion, il perd son caractère infectieux.
A.Général : Votre regard sur l’Uria de 1985, avec les 3 colonnes ?
Rezaï : Je fais comme s’il y avait des choses infectieuses. Au début, vous piégez le prion, mais il est « collant ». Donc, vous faîtes du relargage, on le constate encore de nos jours. Pour éclairer la cour et donner de la compréhension à ses dires, Rezaï mime avec son bras les 3 colonnes et explique le relargage. L’effet bénéfice du début, en tête de colonne, est perdu après (absorption n on bénéfique). Cela est ancestral, ce n’est pas quelque chose de nouveau.
A.Général : Le caractère collant du prion ?
Chabry : 77/78 d’après les écrits de Prusiner
A.Général :
Certains fabricants ont eu du prion, d’autres pas ?
Rezaï lève les yeux en l’air en entendant parler du culot P3.
Il y a plus de prion dans le culot P3 que dans les autres culots, donc vous réintroduisez dans le système quelque chose très riche en prion. Mme Chabry acquiesce, elle est d’accord. Pour ma part aujourd’hui, je jetterai le culot P3 et ne garderait que le surnageant. On a plus de chance d’avoir de l’infection en retravaillant les culots P3.
A.Général : Le monomère et le dimère, les mélanger était il aggravant ?
Rezaï : Vous avez plus de chance d’avoir de l’infection, même en passant par les colonnes.
Chabry : Je suis entièrement d’accord sur cette théorie, mais le prion a un comportement imprévisible. C’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas.
Leclerc veut intervenir.
A.Général : Maître Leclerc ne parlez pas à la place du docteur Chabry .
Rezaï : Théoriquement le facteur risque est plus important sur le dimère que sur le monomère.
Président : Mais qu’en est il en 85 ?
A.Général : mais il était encore à l’école à cette époque.
Président : En 85, ce débat aurait il pu avoir lieu, je sais que vous étiez dans les langes tous les deux ?
Rezaï : Les problèmes de colonnes ont toujours existé, les procédés de nettoyage n’ont pas changé.
A.Général : L’histoire donnera peut être tort à Prusiner dans 20 ans ? La note de Montagnier de 80. N’y avait il pas la carte de visite de l’infectant ?
Chabry : Oui je suis d’accord avec vous, mais la Mcj tout le monde connaît, il y a eu cette crise nvMcj. Mais à l’époque, c’était une maladie très rare, on ne connaît pas l’agent de cette maladie.
A.Général : Le chiffre de 1/1 000 000/an n’est pas le bon chiffre. En manipulant 10 000 hypophyses, vous aviez le risque d’avoir une hypophyse contaminée, mais celui qui manipulait…
Leclerc tape sur la table avec sa main et s’énerve, brouhaha intense dans la salle, intervention du président pour calmer l’audience.
Président  : Quand Montagnier est sollicité, il fait une note alarmante, cela émeut France-Hypophyse. On demande à Dray de trouver des solutions. Montagnier donne des conseils sur la collecte et sur le retraitement ?
Président lit l’intégralité de la note de Montagnier aux experts Chabry et Rezaï.
Dray intervient et prend l’expert à témoin.
Président reprend la lecture de la note (Rezaï sourit et semble apprécier).
Rezaï : Pour une note de 1980, il a été extrêmement clairvoyant.
Chabry : pour moi, c’est non, il ne parle que des précautions de la collecte.
Dray intervient de nouveau en râlant demandant ce que Montagnier proposait à l’Uria. Leclerc intervient aussi en râlant et pousse l’expression ‘avocat voyou’ à l’encontre de l’avocat Général. Brouhahas dans la salle….
Président calme le jeu.
Rezaï : De nos jours on traite cela avec des colonnes de charbon actif à usage unique et j’ai envie de dire oui avec nos connaissances actuelle
A.Général :
Les pyrogènes indiquent ils un risque de prion ?
s. En enlevant les pyrogènes, on pouvait enlever du prion. C’est une technique des années 1900, toute trace de pyrogène aurait disparu.
Chabry : je connais cette technique, le prion est collant, il se serait collé au charbon.
Rezaï : très bien. La protéine collante cela existe depuis toujours, il y a des façons de nettoyer depuis la nuit des temps.
A.Général : la nuit des temps ?
Rezaï : C’est une image, depuis qu’on connaît la chromatographie.
A.Général : Les facteurs aggravants ? Les culots, le dimère, les colonnes etc…
Rezaï : je dirai dans l’ordre croissant : pyrogène, culot, colonne et dimère.
Chabry : Je suis à peu près d’accord avec Rezaï.
Dray : Je veux absolument parler, je ne peux attendre plus longtemps.
Président : la cour vous entendra, soyez en rassuré !
A.Général : Vous fabriquez du prion pour vos expérience ?
Rezaï : C’est cela à différents stades.
Leclerc se lève, prend la parole et s’excuse auprès de l’avocat général pour les propos qu’il a tenu à son encontre, en évoquant la teneur des débats.
Szpiner : C’est l’absolution ! !
Leclerc : L’Uria et les pyrogènes ? Il aurait juste fallu avoir du charbon ?
Rezaï : Non l’urée diminue le titre infectieux et ensuite le charbon.
Dray et les culots P3. Tout les labos le faisaient même s’ils se considèrent les meilleurs. Le culot P3 était dissous à la soude pour être retraité.
Rezaï : Si, il était re-dissous à la soude, effectivement il avait peu d’affectuosité.
Fin audition 15h40.
Reprise audience 16h30.

Audition de Dangoumeau.

Président : Sur les dires de M. Coquin, ce matin ?
Dangoumeau : J’ai écouté Coquin, il a été mon bras droit durant les évènements de 85. Il a été chargé de l’enquête, voir les experts et me faire des propositions au final. Il en a rendu compte ce matin, son exposé a été clair. Lui il était dans l’action et moi dans la réflexion pour prendre de s décisions. Je n’ai rien à reprendre sur ce qu’il a dit.
Président : Il nous a parlé des notes qu’il vous a écrite. Etes vous d’accord avec lui ?
Dangoumeau : Durant les 6 semaines du 9 avril au 10 juin 85, nous nous sommes vus régulièrement, de nombreuses fois. Ses mots ne reflétaient pas nous débats oraux.
Président lit la lettre du 07 mai 85 adressée à Job (lettre de Dangoumeau).
Dangoumeau : L’enquête a été confiée à Coquin qui a informé les différentes personnes concernées Job, Cerceau, Mollet. Ceux-ci écrivent au ministre concernant cette enquête les concernant. Quand j’ai vu cette lettre, j’ai pensé que les 3 signataires ouvraient « un grand parapluie ». Si j’avais été à leurs places, j’aurai peut être fait la même chose. J’ai reconnu le bon travail de France.Hypopphyse dès 73. Tous les enfants traités avaient une véritable pathologie, le comité de répartition avait permis de limiter les excès. En écrivant cette lettre, les 3 signataires remettaient au ministre le choix de prendre une décision dans un sens ou dans un autre.
Président revient sur les différents écrits de cette époque notamment celui concernant la libéralisation d’un lot Sérono non retraité à l’urée et à la concanavaline.
Dangoumeau : Je n’ai pas suivi Coquin sur ses recommandations. Ma réponse orale a été « non » on ne libère pas ce lot Sérono. Un moratoire a été décidé sur les nouveaux cas à traiter. Job m’a demandé de continuer à pouvoir traiter des enfants. J’ai dit « oui » mais uniquement avec des hormones nouvellement retraitées. La demande de Job avait deux buts : Les obstacles pour poursuivre l’expérimentation avec l’hormone bio synthétique, j’ai été d’accord à condition qu’il n’y ai que cette hormone.
Cerceau à la barre
Président : Votre lettre cosignée avec Job et Mollet, adressée au ministre ?
Cerceau : Nous étions dans la même barque avec le même affolement. Cette lettre a été signée par Job et Mollet, mais vu son caractère explosif, je l’ai cosigné sans faire de commentaires quelconques (il me semble que Cerceau fidèle à lui-même ne se mouille pas…)
Président : D’autres remarques ?
Dangoumeau : Nous n’étions pas devant un désastre mais devant un accident américain survenu avec des produits non utilisés en France.

Fin d’audience 17h10.
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