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Nouvelles juridiques

Procès en appel semaine 45 (08/11/2010)
(dimanche 14 novembre 2010)

PROCES EN APPEL HORMONES DE CROISSANCE

COUR D’APPEL DE PARIS LE 8 NOVEMBRE 2010

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Journée consacrée à l’audition des cas Birolo, Goerrian, Pouzin
Ø Cas Birolo avec Mme Gourmelen
Ø Cas Goerrian avec le Dr Chalumeau et le Pr Billette
Ø Cas Pouzin avec le Dr Chalumeau


Synthèse

Cas Birolo
Après avoir écouté Mme Gourmelen, M et Mme Birolo passent à la barre. M Birolo va détailler toutes les incohérences du dossier, en s’appuyant sur les pièces issues uniquement du dossier. Très bien structuré. Ensuite Mme Birolo va nous parler de Sébastien. Ensuite elle parlera de tous les « tracas » que la famille a subis depuis le décès.

Enfin, le Pr Girard viendra défendre le Dr Gourmelen, répondant avec aisance aux questions de Me Honnorat, en phase avec Mme Gourmelen. Témoin qui ne cache pas son soutien à Mme Gourmelen. Il a même fait une pétition lors de sa mise en examen. Raconter des choses pas justes ne le gêne absolument pas. Clairement il est franc comme un âne qui recule. (J’espère que les ânes ne vont pas braire après moi pour avoir fait cette remarque…)

Cas Goerrian
Il va y avoir discussion entre le Dr Chalumeau et le Pr Billette sur les conclusions de 3 expertises qui donnent des résultats différents sur la cause de la mort. Le tribunal n’est pas là pour faire un choix scientifique, Eric Goerrian fait bien partie des enfants décédés de la MCJ.

Interrogé par le Président Wacogne, le Dr Chalumeau dit qu’il ne savait pas que dans l’IML de Lyon il y avait des extractions d’hypophyse, puisque c’était interdit !

Cas Pouzin
Le Dr Chalumeau viendra parler de ce cas, qui ressemble à celui d’Eric Goerrian, avec une double pathologie.

Compte rendu détaillé de la journée

M.Birolo partie civile à la barre pour parler du cas de son fils Sébastien.

Extrait d’audition :
Mise au point sur l’audition de Mme Gourmelen qui a eu lieu ce matin.
Dossier tentaculaire. 3 points essentiels.
Je veux parler de mon fils qui était sous la contrainte de Gourmelen. Tous mes dires, monsieur le président sont côtés à la procédure. Qui était Gourmelen : Médecin sous les ordres du professeur Girard hôpital Trousseau de Paris, lui-même vice-président de France. Hypophyse de 73 à 91. Girard faisait de l’hormone artisanale en 72 à Trousseau, 11 patients traités. Girard était le supérieur direct de Gourmelen. Dans les années 70, Gourmelen a fait le tour des hôpitaux parisiens pour faire augmenter la collecte.
Le 19 mars 85, Gourmelen a représenté Girard au C.A de France. Hypophyse, elle a de nombreuses relations professionnelles. D’ailleurs, 30 de ses confrères ont été scandalisés par sa mise en examen, alors qu’ils ne connaissaient même pas mon fils. 53 autres de ses confrères médecins ont signé une attestation sur ses compétences.
Février 82 : mise en route du traitement de Sébastien. M.Birolo parle du cas de son fils, la mise en route du traitement de façon très détaillée. A 4 ans 8 mois il faisait 102 cm alors que la moyenne est de 104 cm pour un enfant de cet âge. Il parle du scellé 502 page 511, lettre de Gourmelen à Richardet en décembre 81, la demande d’attribution d’hormone de croissance n’est pas demandée pour la taille de Sébastien (il n’a pas de retard de croissance), mais pour des épisodes hypoglycémiques.
En 83, Gourmelen fait 3 demandes d’augmentation de doses, (traitement peu efficace), elle imposait la posologie et la marque d’hormone (Pasteur).
Il raconte ensuite le petit stock d’hormone géré par elle qui se trouvait dans son frigidaire à son cabinet. Ces hormones servaient à démarrer les traitements en attendant d’avoir l’aval ou pas du comité de répartition, là où siégeait également Girard.
En 85, fenêtre thérapeutique décidée par Sauduret, arrêt du traitement hormone et mise en place traitement de substitution.
M. Birolo évoque Girard dans ses propres propos concernant l’avis aux familles : « Quand on a su qu’il pouvait avoir contamination, ce n’était pas à moi d’en parler aux parents, mais à eux de m’en parler ». C’est monstrueux des propos pareils, exit M. Birolo.
En avril 85, Gourmelen fait une enquête épidémiologique sur les enfants traités, elle ne relève aucun cas de contamination.
Me Lachaud, avocat de Gourmelen au président : Mme Gourmelen se cantonne à ses dires de ce matin.

Mme Birolo va ensuite venir à la barre et parler de Sébastien, elle va raconter son calvaire qui malheureusement ressemble trop à celui de tous ces enfants décédés. Si Sébastien a croisé Dieu là haut, il a croisé la route du diable et de ses démons sur terre.

Fin audition du couple Birolo.

Reprise audition 16h00.

Uniquement pour le cas de Sébastien Birolo, professeur Girard à la barre.

Girard : Mme Gourmelen a été ma collaboratrice, je n’en ai qu’à m’en féliciter :Rigueur, compétence, prudence dans son travail ! Elle prenait l’avis des autres. Sur le plan humain, honnête, scrupuleuse vis à vis de ses patients ! Je n’ai rien à lui reprocher, au contraire qu’à la féliciter pour son travail. Mais elle a été excessivement éprouvée par ce drame (Bien tiens !)

Mon service à Trousseau était un service d’exploration fonctionnelle. Faire des études et examens avec et sur les patients (enfants), étude de stimulation pour effectuer des dosages. Parle de ses essais (stimulation hypophyse ). Des enfants ont été traités avant la création de France. Hypophyse.
Président : Vous étiez au CA de France. Hypophyse et au comité de répartition. Comment les enfants pouvaient prétendre à un traitement ?
Girard : Elaboration d’un dossier clinique avec tests, éléments divers de réponse (taille des parents, âge osseux, radiographie du poignet etc..) Ce sont des éléments de base. On essayait de mettre en évidence l’hypoglycémie qui était une menace grave pour de jeunes enfants, c’est redoutable dans la 1 °année de la vie (risques cérébraux). Il parle ensuite du cas de Sébastien Birolo qui se devait d’être grand à l’âge adulte ayant des parents grands. Il avait un retard de croissance (vitesse de croissance anormalement basse).
Président : Le dossier qui part au comité de répartition ?
Girard : le dossier part avec lettre explicative, puis cette lettre a évolué dans sa forme.
Président : Est-ce que c’est vous qui signez ces demandes ? Avez vous un contact physique avec les parents ?
Girard : C’était mes collaborateurs qui voyaient les parents. Si, il y avait un problème, on en discutait ensemble.
Président : Mme Gourmelen a déclaré ce matin qu’elle employait des mots dont la teneur indiquait au comité de répartition qu’il devait attribuer le traitement. Vous cautionnez ces expressions au-dessus de la réalité ?
Girard : Il n’y avait pas de notion d’exagération. (En fait il répond à côté de la plaque..)
Président : Le comité de répartition refusait quelque fois des traitements ?
Girard : Cela est arrivé.
Président : Est-ce que l’attribution ne dépendait pas non plus de la pénurie d’hormones ?
Girard : On répartissait l’hormone au mieux.
Président : des enfants ont ils fait des alertes hypoglycémiques après traitement ? Est ce aggravant ?
Girard : Non pas du tout, l’hormone ne fait pas baisser la glycémie, au contraire. On a vu des rats sous hormones faire du diabète même après l’arrêt du traitement.
Le Président donne des explications sur le médicament « Glucagon » (réduction de la glycémie).
Honnorat : Apportez-vous un soutien à Mme Gourmelen ?
Girard : Bien sûr, absolument, j’ai même fait un article, j’ai été scandalisé par sa mise en examen.
Honnorat : En 85, vous êtes vice-président de France. Hypophyse, vous assistez aux réunions notamment à Copenhague. Avez vous rapporté à Gourmelen les éléments reçus là-bas ?
Girard : Absolument.
Honnorat : elle a fait des recherches sur tous les patients traités ?
Girard : Oui, ceux dont on avait les adresses.
Honnorat : l’information aux familles et aux prescripteurs ? Votre position personnelle dans votre service ?
Girard : Liberté totale à chaque prescripteur d’aviser ou pas les familles de manières précises. Ma position, on avait une menace qui était lointaine, peu de renseignements fiables, on s’est donné quelques semaines de réflexion et une liberté à chaque prescripteur.
Honnorat : la décision du représentant de la DPMH ? Le retraitement des lots ?
Girard : On a fait retraiter les lots exceptés ceux qui étaient déjà chez les patients. La décision avait été prise de ne pas rappeler les lots. (N’oublions pas ce qu’à dit Cerceau sur le rappel et destruction : coût 7,5 millions de francs)
Honnorat : Connaissez-vous le stock d’hormone personnel de Mme Gourmelen ?
Girard : A l’époque ou le traitement n’était pas normalisé, on a pu de la sorte dépanner les familles.
Honnorat : N’est ce pas antinomique d’avoir en stock de l’hormone et un comité de répartition qui statue justement sur les répartitions ?
Girard : Ces distributions étaient très fragmentaires, au cas par cas !
Honnorat revient sur les traitements partiels, il évoque le cas de Sophie Weiss traitée pour déficit partiel, en 85 dont la maman après avoir reçu une lettre anonyme l’informant des cas américains décide de stopper de façon définitive le traitement de sa fille. Girard ne s’en souvient plus.
Lachaud : Le suivi du jeune Birolo ?
Girard : On en parlait régulièrement ensemble dans le service
Lachaud :
Mme Gourmelen a t elle demandé l’avis de ses confrères sur ce cas ?
Girard : Absolument.
Lachaud : Sébastien Birolo était en fait un patient du service ?
Girard : C’est cela
Gourmelen fait des observations à la cour sur la courbe de croissance de Sébastien Birolo, elle déclare n’avoir pas fait d’expérimentation sur ce jeune patient

(Je pense que Girard a fait une déclaration corporatiste en faveur de sa collègue, il n’a d’ailleurs pas caché son soutien envers elle)

Fin d’audition 17h10.

Reprise audience 17h45.

Le Président revient sur le cas d’Eric Goerrian et des expertises le concernant.
Les experts Billette de Villemeur pour la première expertise indiquant qu’Eric Goerrian n’était pas décédé de MCJ, et l’expert Chalumeau Alain, pour la contre expertise indiquant le contraire vont se succéder à la barre.
Apparemment les expertises Billette et Chalumeau sont contradictoires.
Président : En préambule, pouvez vous parler des prélèvements d’hypophyses à l’IML de Lyon, là où vous officiez ?
Chalumeau : je ne savais pas qu’il y avait des prélèvements en douce à l’IML de Lyon. Je n’étais pas au courant de ces méthodes. Quand j’autopsiais un corps, je faisais l’autopsie complète, hypophyse comprise qui était ensuite détruite ou servait pour analyse. Je ne savais pas qu’il y avait des prélèvements à la sauvette dans un établissement non agréé (IML).

Le cas de Sophie Pouzin est également évoqué par l’expert Chalumeau.