Retour à la Home
 

 

Nouvelles Médicales

LE POINT SUR LES ESSAIS THERAPEUTIQUES
(vendredi 11 janvier 2008)
L’annonce à grand bruit le 14 août 2001, que Rachel, une jeune anglaise atteinte du nouveau variant M.C.J. aurait vu son état s’améliorer après l’administration de quinacrine (produit anti-parasitaire, utilisé dans le traitement du paludisme dans les années 70, mais ne bénéficiant plus d’A.M.M ni en France, ni à l’étranger) avait suscité un immense espoir parmi tous ceux qui ont eu à connaître cette maladie chez leurs proches. Le décès de Rachel fin 2001 n’incitait pas à l’optimisme.

Le 23 août 2001, le Ministère de la Santé délègue l’INSERM en collaboration avec l’AFSSAPS pour centraliser les données, les analyser et mettre en place des essais thérapeutiques. 39 patients ont participé à l’étude : (28 cas de M.C.J. sporadique, 5 cas de M.C.J. iatrogène liés à l’injection d’hormone de croissance, 3 cas génétiques et 3 cas de nouveau variant). Après un an de traitement, les résultats, bien décevants, ont été présentés par le Dr Brandel début décembre lors du premier colloque international consacré aux perspectives thérapeutiques sur les maladies à prion. La moyenne de survie des personnes traitées (9 mois) n’a pas été différente de celle de sujets comparables non traités. 6 malades ont eu une aggravation clinique, 8 n’ont manifesté aucune amélioration et un malade est mort brutalement après une éclaircie transitoire. Par ailleurs, 6 patients ont souffert d’effets secondaires par élévation des transaminases hépatiques (jusqu’à 13 fois la normale). La mise au point de traitements capables de retarder, voire d’interrompre la progression de la maladie se heurte à trois difficultés :
- L’apparition des signes cliniques est tardive, à un moment où l’infestation par le prion est massive,
- Le diagnostic de certitude n’est possible qu’après le décès
- Les médicaments ne font pas la distinction entre le prion normal et le prion pathologique. Cependant les chercheurs continuent à explorer de nombreuses pistes, notamment à l’Institute of Animal Health à Édimbourg où les propriétés d’un extrait d’écorce de hêtre comme agent prophylactique après exposition au prion ont été mises en évidence. Cette molécule de la famille des anti-coagulants (les héparinoides) prolonge de près de 40 % la survie de hamsters et de souris infectées. Une étude en double aveugle chez l’homme a testé sur 28 malades un antalgique et relaxant musculaire qui avait montré une activité protectrice chez l’animal. Le produit semble améliorer la mémoire et le score cognitif des malades. Mais la prudence reste de mise. Au moment où la Haute Cour de Londres devait autoriser, à la demande des familles, une injection intracérébrale de ce produit à deux adolescents atteints du nouveau variant, ces deux malades sont décédés.