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Nouvelles juridiques

Procès semaine du 26 au 28 mars 2008
(samedi 5 avril 2008)

Première semaine des auditions des parties civiles.

D’une manière générale la salle était très attentive, le silence presque absolu pendant les dépositions, avec beaucoup de personnes en pleurs, même chez les avocats, même parmi ceux des prévenus, même des parents de prévenus. L’émotion a pris le dessus sur le technique qui existait depuis le début du procès.

Des témoignages bouleversants, de sœurs et frères, qui parlent de leur amputation par cette perte, de parents dignes mais effondrés, et de William Rostaing, qui l’a recueilli et pris en charge jusqu’à la fin, un témoignage de dévouement impressionnant.

Nous nous sommes aperçu que les frères et sœurs étaient très secoués par cette perte.

Une demande de pardon à la famille Guillemet, que le professeur Job ne veut pas répéter aux autres familles, un entêtement qui aurait pu être contourné par une demande de pardon à l’ensemble des familles.

Par contre les autres prévenus sollicités, comme Mme Mugnier, n’ont pas bouger.

Semaine très dure à suivre. Vous le verrez dans les notes de Philippe, qui au fil du temps, a noté de moins en moins de phrases, étant de plus en plus submergé par l’émotion.


Nous attaquons dans le cadre du procès des hormones de croissance le cas individuel des parties civiles, représentées ici par maître Mor. Pour chaque cas, l’expert Billette de Villemeur ou le président du tribunal lit le rapport d’expertise, la synthèse de ce rapport se trouve dans l’ordonnance de renvoi. Je précise que je n’ai pas pu prendre l’intégralité de propos tenus, cela est très dur d’entendre les familles s’exprimer sur leur enfant. J’ai fait de mon mieux.

Guillemet, Nicolas : ……………………….. Page 156 ordonnance de renvoi

Mor : Interroge Job sur l’efficacité du traitement sur Nicolas.

Job : je n’ai pas le souvenir sur ce dossier propre.

Mor : Le rapport note que les résultats du traitement sont médiocres.

Job : le comité d’attribution n’a pas vocation à se substituer aux médecins prescripteurs.

Gourmelen : J’étais le médecin prescripteur de Nicolas. Elle revient sur la taille et le poids de Nicolas, parle de son cas clinique notamment des constatations qu’elle a faite, et de la posologie qu’elle a fait appliquer concernant les injections d’hormones. Elle parle aussi de l’efficacité du traitement.

Marie Christine : Nicolas a pris 20 cm en 2 ans sans traitement.

Mr le Président, je vais vous relater les faits marquants dans la courte vie de notre « petit Nicolas ».

Comme vous l’a dit le Dr Gourmelen, Nicolas a commencé son traitement en décembre 79 à l’âge de 20 mois. C’est dans le service du Pr Girard à l’hôpital Trousseau qu’a eu lieu le 1er entretien.

Nous lui demandons en quoi consiste ce traitement, est-il bien supporté ?

Il nous explique que c’est un produit fabriqué par l’Institut PASTEUR et distribué par la pharmacie centrale des hôpitaux, on l’administre sous forme de piqûres 2 ou 3 fois par semaine. Il nous incite à le faire car, nous dit-il, c’est un garçon, plus tard ce sera un handicap pour lui s’il ne mesure qu’1m40 !

Nous acceptons, d’autant plus que le « label PASTEUR » nous rassure. Le traitement commence donc en Décembre 79. Nicolas le supporte bien. On l’arrête en Juin 84 durant 4 mois pour refaire des tests qui se révèleront à nouveau négatifs.

Et puis il y a cette alerte en 85.

Nous lisons dans le journal « Le Monde »en date du samedi 8 Juin 85 cet article : aux U.S.A, des jeunes gens décèdent de la maladie de CREUTZFELDT-JAKOB, suite à un traitement d’hormones de croissance extractive. La Société KABIVITRUM décide d’arrêter la distribution du produit aux U.S.A malgré une perte de 11,4 millions de $. Le Pr Job ajoute « c’est une décision courageuse ! ». Nous aurions bien aimé qu’il prenne la même décision pour la France.

Nous allons début Juillet 85 pour la consultation à l’hôpital Trousseau et nous faisons part de notre angoisse au Dr Gourmelen sur ces cas des U.S.A . Elle nous rassure en nous affirmant que les méthodes de purification en France sont performantes, rien à voir avec les méthodes archaïques des U.S.A. Alors nous faisons à nouveau confiance.

Durant les audiences, nous apprenons qu’une lettre datée du 26/07/85 écrite par FRANCE HYPOPHYSE a été adressée à tous les prescripteurs de l’hormone de croissance, donc au Pr Girard (qui faisait partie de F.H) et au Dr Gourmelen. Cette lettre, en fait, était une décharge demandant aux parents s’ils voulaient arrêter ou continuer le traitement, suite aux cas d’encéphalite survenus aux U.S.A Mme Gourmelen ne nous a pas mis au courant de ce courrier. Elle savait notre inquiétude formulée au début du mois de Juillet. Nous aurions certainement pris la décision d’arrêter le traitement. Nicolas n’aurait ainsi pas reçu des doses du lot 85050, non traité à l’urée !

Je veux aussi vous signaler, qu’à cette époque, nous n’adhérons à aucune association de parents d’enfants traités en Hormones de croissance. Nous n’en connaissons même pas l’existence !

Il n’y a pas de résultats spectaculaires avec le traitement. Nicolas grandit de 5/6 cm par an, Il n’a pas rattrapé son décalage. IL est toujours a – 3 DS malgré les 39 et même 45 doses par trimestres, et parfois des doses supplémentaires du frigo de Mme Gourmelen. Si bien que, lors d’une consultation chez le pédiatre, celui-ci me fait la réflexion : « je me demande si l’on ne lui injecte pas du pipi de chat ! »

Les 1ers symptômes débutent en Août 89 : Nicolas me dit : »Maman, je te vois double !

J’ai 2 Mamans ! »

Nous consultons immédiatement l’ophtalmo qui prescrit un champ visuel et un scanner. Les résultats sont normaux. Elle contacte l’hôpital Trousseau et insiste pour qu’un neurologue examine Nicolas car elle est inquiète. (on saura après, qu’elle suspectait à cette période une leuco-encéphalite à virus lent…)

Nicolas voit le neurologue qui prescrit une I.R.M. Le résultat est normal. Il le revoit assez vite car les troubles neurologiques s’accentuent : marche hésitante, déséquilibre.

Il y a pendant tous ces mois Sept/Oct/Nov/Dec toute une batterie d’examens, entre autre une ponction lombaire pour l’inoculation à l’animal, car on est à la recherche d’une maladie à virus lent ! Je pose la question, à savoir : « N’y a-t-il pas une relation avec son traitement d’hormones de croissance ? » Je relate les cas des U.S.A. On me répond qu’une enquête épidémiologique a été faite en France, il n’y a aucun cas recensé.

Mais Nicolas, depuis sa rentrée au collège, est de plus en plus fatigué. Je le récupère souvent à l’infirmerie de ce collège où il se plaint de maux de tête. Il a souvent envie de dormir. Un jour, Il me dit : « Qu’est-ce qui se passe dans ma tête, je n’arrive pas à marcher tout droit ! As-tu gardé la poussette quand j’étais petit ! Mes jambes ne me portent plus ! »

Et puis, Il a des angoisses. Il souhaite que je m’endorme à côté de lui.

Un jour, Il me dit encore : « Maman, mets ta main sur mon cœur, j’ai peur qu’il s’arrête de battre ! »

Et puis, il y a eu cet appel téléphonique du Dr Beauvais, entre Noël et le jour de l’an, où il m’annonce que les derniers résultats venant de la Pitié Salpétrière à la recherche d’une maladie génétique rare, reviennent négatifs, et la seule suspicion des problèmes neurologiques de Nicolas, est la contamination de la maladie de CREUTZFELD-JAKOB par le biais de son traitement d’hormones de croissance !

Lorsque mon Mari rentre le soir à la maison, Il s’aperçoit que j’ai pleuré.

Je lui fait part du coup de téléphone du neurologue en lui disant :« Il est fou ce médecin, Il m’annonce que l’état de Nicolas va s’aggraver, qu’Il ne pourra plus s’alimenter, qu’Il va devenir incontinent, grabataire, que l’on devra leur confier ! » A cette période, Nicolas était, certes, dans un fauteuil roulant, mais Il nous parlait, mangeait…

Nous demandons un rendez-vous à St Vincent de Paul avec le Pr Job, et nous le rencontrons en Janvier 90 avec Nicolas dans son fauteuil roulant. « Vous vous souvenez Mr Job de ce petit garçon de 11 ans ! Il est vrai que cela fait 18 ans et j’ai remarqué que votre mémoire était parfois défaillante depuis le début de ce procès ! »

Vous nous ordonnez de faire sortir l’enfant ! Mon mari emmène Nicolas dans le couloir et reste avec lui, et comme Il ne revient pas, vous me demandez d’aller le chercher, laissant Nicolas seul dans ce couloir. Et là, Mr Job, il n’y avait pas votre psychologue de service, Melle Jeannine Chicaud, pour soutenir moralement Nicolas, seul, dans ce couloir ! »

Et derrière votre bureau vous vous êtes levé et nous avez dit : « Qu’est-ce que vous attendez de moi ! »

« Mais Docteur, vous avez donné à notre enfant un traitement qui l’a rendu malade, avez-vous un traitement pour le guérir ! »

Mr Job nous a répondu qu’Il allait se renseigner aux U.S.A où en était la recherche sur cette maladie, et que bien sûr Il se rapprochait de l’équipe de Trousseau où était suivi Nicolas.

Nicolas vous en a beaucoup voulu Mr Job !

« Pourquoi, nous a-t-il dit, après l’avoir récupéré, le Docteur n’a pas voulu m’ausculter ? »

Nous avons inventé une réponse… Mais, je pense que c’est ce jour là que Nicolas a compris la gravité de sa maladie !

A une de mes sœur, quelques jours plus tard qui lui promettait de l’emmener faire un grand voyage quand Il serait guéri, Il lui a répondu : « Tu crois au miracle ! Je sais très bien que les médecins n’arriveront jamais à me guérir ! »

Fin Février 90, nous sommes obligés d’hospitaliser Nicolas pour une forte fièvre et des convulsions. Lorsque nous arrivons à l’hôpital dans le service du Dr Beauvais, nous avions commencé un traitement anti-viral assez fort en immunologie puisque l’on ne nous proposait rien. Le Dr Beauvais me dit : « Il est hors de question de faire ce traitement à Nicolas, tant qu’Il sera dans mon service, vous savez très bien que votre enfant est condamné ! »

Toutes ces phrases sont, pour nous, insupportables à entendre, surtout en présence de Nicolas, qui avait encore conscience, même si son état déclinait doucement.

On nous demande de pratiquer une biopsie du cerveau. On refuse, sachant très bien qu’il n’y a pas de traitement pour cette maladie. A cette époque, je dois m’arrêter de travailler pour rester avec mon enfant à l’hôpital.

Nous récupérons Nicolas à la maison en Mai 90.

A cette date notre enfant est, en effet, grabataire : Il ne marche plus, ne voit plus, ne s’exprime plus, est incontinent et alimenté par sonde gastrique.

Et là, nous rencontrons d’autres difficultés. Il n’y a pas d’hospitalisation à domicile dans notre département, nous sommes obligés de faire l’avance des frais, environ 4000 frs/mois. Nous nous entourons du médecin traitant, d’infirmières, de kinés et nous essayons de faire pour le mieux pour notre petit garçon.

18 mois se passe et puis fin Août 91 il y a l’annonce par le Dr Billette.

L’animal inoculé avec le liquide céphalo-rachidien de Nicolas vient de déclarer la maladie de CREUTZFELD-JAKOB. Alors là, nous n’avons plus d’espoir ! Nous espérions toujours que ce ne pouvait être cela ! Début Septembre, mon mari fait une hémorragie cérébrale. Il est hospitalisé au C.H.U de Rouen. La neurologue, à qui je demande ce qui a pu se passer, m’explique que c’est un cavernome qui s’est vidé, certainement dû au stress que nous vivons actuellement avec la maladie de Nicolas !

Mes parents s’installent à la maison pour me permettre d’aller voir mon mari. Il reste hospitaliser et en centre de réadaptation fonctionnelle durant 7 semaines. IL revient à la maison le 26 Octobre 91. Nicolas décède 7 jours après, le 1er Novembre 91, Il a 13 ans ½ .

Il avait attendu que son papa rentre à la maison pour nous quitter !

Ma petite consolation à la mort de Nicolas, c’est de l’avoir récupérer à la maison et de mettre occupé de lui jusqu’à la fin, comme une Maman peut le faire avec tout l’amour maternel.

J’ai essayé de lui faire partager tout notre quotidien durant ces longs mois. Vous savez, c’est très dur lorsque son enfant ne peut plus communiquer, vous êtes obligés de faire les questions et les réponses. Et puis, c’est une maladie dont on ne meurt pas en 1 jour. Elle est longue, longue, longue…

Elle fait beaucoup souffrir l’entourage.

Je voudrais remercier, ici, le Dr Billette qui nous a soutenu moralement pendant la maladie de Nicolas. Il était à l’écoute de toutes nos questions, nous lui en sommes très reconnaissants.

A la mort de Nicolas, on culpabilise : Pourquoi avons-nous accepté ce traitement, il n’était pas vital pour Nicolas ! Tous nos amis et famille nous consolent en nous disant que l’on a fait confiance aux médecins, on ne pouvait pas savoir !

Lors d’une audience, il y a le témoignage du grand Pr Agid qui nous dit : « mais, c’est Vous parents les responsables, c’est Vous qui avez voulu ce traitement pour votre enfant !

Ce témoignage est inacceptable !

Après le décès de Nicolas on cherche à comprendre pourquoi notre enfant a été contaminé, Il n’est certainement pas le seul !

On fait pression sur nous pour ne pas ébruiter ce drame : l’association GRANDIR, bien sûr on apprend que le Pr Job en est le président d’honneur !

On a assisté, avec mon mari, à toutes les audiences depuis le début de ce procès et on a compris : nos enfants ont servi de cobayes pour des médecins qui étaient des apprentis sorciers !

Quand un enfant fait une bêtise ou du mal à un camarade, nous parents, demandons à notre enfant de s’excuser.

« Mrs, Mme Mugnier, aurez-vous le courage de reconnaître vos erreurs, de nous dire pardon pour toutes les souffrances que vous nous avez fait subir ? »

J’ose espérer l’entendre, Mr le Président, dans quelques semaines à la fin de ce procès !

Sébastien : Mon frère Nicolas est mort le 1er Novembre, le jour de la Toussaint.

Est-ce un signe qu’Il nous envoyait ?

Il avait lutté jusqu’au bout contre cette maladie.

Tout a commencé lorsque j’étais en 3ème, lui rentrait en 6ème.

Le 1er souvenir de sa maladie : on prenait le bus à 7h15 et les 300m pour aller jusqu’à l’arrêt du bus, Nicolas titubait. Je lui portais son cartable.

En montant dans le bus, nous n’étions pas encore installés que le bus démarrait et mon frère tombait dans l’allée. Tout le monde riait ! Aussi, les fois suivantes, à chaque démarrage je le tenais afin qu’Il ne tombe pas. Il ne comprenait pas pourquoi !

Je voyais bien qu’Il allait mal.

Au collège aussi, ces déséquilibres se renouvelaient. Beaucoup se moquait de lui et de sa petite taille. J’essayais au maximum de le protéger. Il devenait de plus en plus fragile. Je trouve tout cela tellement injuste. Comme vous le voyez, je suis grand, 1m90, et mon frère était si petit !

Au bout de quelques mois, alors qu’Il commençait à ne plus fréquenter le collège, j’ai demandé à mes parents d’intégrer Sports études, donc d’être en internat loin de chez nous.

En m’éloignant, je suppose que je voulais me soustraire à toute cette horrible maladie !

J’ai été surpris que mes parents me disent Oui (mais après coup, j’ai mieux compris).

J’ai délaissé mes études, pour me défouler dans le sport. Malgré des études chaotiques, mes parents ne me disaient rien ou pas grand-chose. Ils devaient comprendre mon désarroi !

Tous les week-ends, en revenant à la maison, je voyais mon frère décliner progressivement.

Le plus impressionnant : le kiné, gentil comme tout, qui avait de plus en plus de mal à le mobiliser. Je sentais que je perdais tout doucement mon petit frère. Mais j’y croyais encore !

Là-dessus, mon père a fait un A.V.C avec hémiplégie. Donc, Hôpital et centre de rééducation.

Je ne l’ai pas vu pendant 2 mois. Mais, c’est un battant, c’est grâce à lui que nous avons tenu le coup.

La nuit du décès de mon frère, mes parents m’avaient autorisé à sortir, pour la 1ére fois, avec mes copains en boîte de nuit. En rentrant chez mes grands-parents à 7 h du matin, je les ai vu, debout dans le couloir et j’ai compris : Tout s’était arrêter !

Après sa mort, les études, sorties, croyances religieuses : plus aucune envie, plus aucun goût à se dépasser puisqu’il n’était plus là !

Moi qui croyais en la justice de Dieu, je me suis dit, pourquoi mon frère ?

Il était si saint, dans les 2 sens du terme, si pur à 13 ans !

Ces criminels ont tué mon frère, mon seul frère ! Ils ont enlevé le sourire et la joie de mes parents.

Ma meilleure thérapie : ma femme, qui m’a progressivement redonné l’envie de rigoler. Nous avons fondé une famille. Nous avons 2 enfants et nous en profitons au maximum. Après tout, la vie est si courte ! J’ai peur, tous les jours, que des négligences médicales me les enlèvent !

Si, aujourd’hui, il y a ce procès, c’est pour que cela n’arrive plus jamais !

Ma grand-mère en est morte, quelques mois plus tard (un cancer déclenché à la suite de la mort de Nicolas). Et mon grand-père aussi est mort, alors que les coupables sont encore devant nous, présents !

Pour ma part, je souhaiterais que l’on vous pique avec un de ces lots contaminés, avec effet immédiat, pour voir à mon tour, vos souffrances !

Messieurs, Madame, vous avez anéanti nos vies, notre famille, j’espère que le tribunal anéantira la fin des vôtres !

Alain : Nous avions deux garçons, Sébastien et Nicolas, mais un seul vit ! Sébastien a fondé sa famille, une famille agréable comme peuvent souhaiter des grands-parents, et nous avons de la chance de les avoir, alors que dans cette salle des parents ont perdu leur enfant unique, Merci M Job ! Cela explique sans doute les débordements, les familles éclatées, les déséquilibres en tout genre Je ne vous parlerai pas longtemps de Nicolas, j’en suis incapable, et même entre nous, c’est un sujet que nous n’arrivons pas à aborder sans une trop grande émotion… C’est la première fois que j’entends mon fils parler de son frère.

Nous avons, comme toutes les familles ici, trop d’amour, et plus assez de proches à qui le donner…

Nicolas était un petit bonhomme épanoui, espiègle, joyeux, toujours prêt à dire une plaisanterie, très copain avec son grand frère, comme deux frères quoi…

C’était un leader naturel, menant ses cousins plus âgés à la baguette, utilisant son charme, si nécessaire, avec les adultes.

Lorsqu’il a commencé à avoir ses problèmes, il était délégué de classe en 6ème, et malgré ce que nous dit M Job, pour se justifier, il considérait sa petite taille comme un avantage.

Bien sûr, il aimait le sport, mais surtout lorsqu’il regardait son frère sur les stades, parce que ce qu’il aimait le plus c’était les livres. Il faisait et voulait faire du théâtre et pouvait, pendant des heures lire des livres sur l’histoire de France comme des romans.

Nous venions d’acheter une maison à la campagne, car il voulait plein d’animaux, et il en avait assez de dresser des cobayes ou des lapins nains. Plus jeune il voulait être dompteur de lions, nous avions négocié pour qu’il commence par un chien et des petits animaux de ferme, mais il n’a pas eu le temps de le faire…

Juste un petit souvenir, aux vacances de Toussaint, tout au début de sa maladie, tout le groupe de cousins partait à vélo sans lui, car il commençait à tomber souvent par déséquilibre, et il est venu me dire :

Papa c’est pas juste !

Alors, sans doute par lâcheté, je me suis mis à travailler encore plus, à multiplier les voyages à l’étranger. Comme mon épouse était avec Nicolas à l’hôpital, nous avons mis son chien, offert par ses copains de classe, en garde et son grand frère en internat…

Pendant cette période, à l’hôpital, le docteur Billette, par sa disponibilité, son écoute et sa patience à nous expliquer cette maladie que nous ne connaissions pas, nous a aidés.

Puis à la maison, notre médecin de campagne le docteur Cavagna, qui ne connaissait pas la MCJ, mais lui, a chercher dans les publications et a trouvé, nous a aidé à tout organiser avec les infirmières, kiné et tout ce qui est devenu, un peu plus tard, un standard pour les autres familles. Il venait le soir, à la fin de sa tournée, vers 23 h, s’installer et discuter avec nous, nous remonter le moral…

Ah, si tous les médecins pouvaient être comme eux….

Mais tout le monde va vous dire la même chose, avec des mots différents, mon enfant était merveilleux, pourquoi l’avez-vous tué ?

J’ai écouté toutes les audiences et j’ai noté les quelques points suivants :

Je ne juge pas, je fais juste des constatations que n’importe qui a pu faire durant toutes ces journées. Je ne suis pas médecin, pas pharmacien.

En entendant M Job, M Dray, et certains témoignages, j’ai bien compris qu’il y avait des gens supérieurs, les scientifiques en médecine il faut le rajouter tout de suite, car seule cette science est noble !

Je suis Directeur des Systèmes d’Information, et j’ai passé 30 ans dans une des 3 ou 4 plus grosses multinationales mondiales dans son domaine, et nous avions dans nos filiales des laboratoires parapharmaceutiques, de la fabrication, de la vente et de la distribution de produits de grande consommation comme de l’eau de javel

Je représentais cette société au comité directeur de Gencod EAN International, l’organisme qui a conçu les codes-barres, les concepts d’entreprise étendue, …

C’est un organisme dans lequel des personnes de tout profil, de tout horizon, viennent définir des bonnes pratiques dans de nombreux domaines, comme la traçabilité par exemple…

Je dis cela juste pour que vous compreniez bien mes remarques qui viennent.

==> Quand M Dangoumeau dit, lorsque les lots sont redistribués sans traitements à l’urée suite à sa note : « Pour moi ça allait de soi », j’avais mon père qui nous rappelait que : « ça va de soi, mais c’est encore plus clair en l’expliquant ». Chacun à sa forme d’intelligence et de bon sens et il faut que les managers s’adaptent à leurs interlocuteurs.

==> Je ne parlerai pas de M Cerceau, il faisait sans doute trop confiance, et l’information avait l’air de ne pas remonter, ce qui n’est pas une qualité d’efficacité dans une équipe de dirigeants, mais dans une grosse structure cela existe.

==> Pour M Mollet, j’ai l’impression que l’homme actuel et celui d’il y a 20 ans sont bien différents, mais la solution OPODEX ne semble pas un mauvais choix. Si tout le processus de fabrication avait été réalisé par des laboratoires pharmaceutiques, peut-être n’en serions nous pas là. Pour le lot 85 050, je lui en veux, car Nicolas, en a eu beaucoup, mais la responsabilité ne serait-elle pas ailleurs ?

Quant à la distribution, là il le reconnait, d’ailleurs comment faire autrement, c’était la catastrophe !

Il gérait cela comme un épicier du coin ouvert jusqu’à 23 heures… en voulant faire plaisir à son client, sans voir plus loin que le bout de son nez…

Il a un problème d’approvisionnement, mais il ne s’y attaque pas résolument…, quitte à faire des mécontents pendant un moment.

Là, si il avait pu sous traiter à une société de logistique, comme il l’avait fait avec OPODEX, avec un bon cahier des charges, les choses auraient été différentes, et c’est une pratique qui existait déjà dans le milieu pharmaceutique dans le milieu des années 70.

==> Avec M Dray nous arrivons aux artisans de notre malheur.

Sur le lot de 5 grammes de 1985, M Dray nous dit : Nous pensions qu’il était traité et distribué. Mais jamais il a dit ni fait un appel téléphonique pour prévenir la PCH. Le lot aurait pu être bloqué ! Encore du laxisme, comme partout dans ce drame.

M Dray, et son conseil, nous disent qu’ils ne peuvent pas tester les hypophyses lorsqu’elles arrivent à l’URIA, un argument contre les rapports des experts.

Dans n’importe quelle organisation, lorsque nous n’arrivons pas à faire des contrôles pour une entrée de MP, nous remontons la chaîne et les faisons au dernier stade où ces contrôles sont faisables. Nous avons vu qu’à la PCH le moment ou certains contrôles étaient faits a été déplacé, à l’initiative de gens qui s’impliquaient dans leur travail, eux.

Même si c’est en dehors de l’URIA, c’est faisable.

Les techniciens nous ont dit que les hypophyses étaient mauvaises de temps en temps et que M Dray l’avait vu, ce qu’il a confirmé.

Dans le cas de ces contrôles, et pour toute l’organisation de ce process, M Dray aurait dû exiger contractuellement de recevoir, avec chaque hypophyse, une fiche de suivi, dans le but de savoir si la matière première était bonne. A M Job et à Mme Mugnier de mettre en place la procédure (ce qui était déjà fait dans la théorie) et de vérifier que la fiche suivait bien. A l’Uria de rejeter tout hypophyse sans fiche de suivi. C’est une méthode qui fonctionne très bien si l’on est strict et rigoureux. Cela aurait perturbé au début, mais c’est le prix à payer pour obliger des gens à travailler avec des procédures et à les respecter. Après c’est acquis et tout le monde est satisfait. Il suffit que le contrôle du respect des règles soit fait par les responsables (Mugnier, Dray, Job)

==> Avec Mme Mugnier nous n’atteignons pas le sommet, mais presque !

Je n’ai jamais vu quelqu’un s’impliquer si peu dans son travail, en tout cas c’est ce qu’elle nous dit. Elle sert, d’après elle, de coursier. Mais en plus de coursier irresponsable ! Elle ose dire, l’hypophyse n’est pas bonne, je la pose avec l’étiquette dans le congélateur de l’URIA et aux autres de se débrouiller. Je ne vérifie rien ! Ce n’est pas mon travail !

Elle dit la même chose lorsqu’il y a eu panne de congélateur à l’hôpital…

Elle vient donner des procédures dans les amphithéâtres, ou à l’anapat, mais elle ne regarde pas si elles sont appliquées, ce n’est pas son problème…

Si au moins le procès pouvait faire comprendre à tous les personnels médicaux, quelque soit leur position, que tout acte a des conséquences et qu’il ne faut pas faire n’importe quoi, n’importe comment !

Tout le monde sait que, dans un process, si on met de la cochonnerie au départ dans les tuyaux, il ressortira obligatoirement de la cochonnerie, que ce soit de la matière ou de l’information. La seule façon d’éviter cela c’est, soit d’être certain de ne pas la mettre dans les tuyaux, soit d’être certain que l’on peut l’éliminer en cours de traitement. Mais ce deuxième point est souvent très difficile, donc on doit partir du postulat que l’on ne peut pas le faire. Donc le premier point est primordial ! Il faut que la matière première soit propre dès le départ. Tous les contrôles doivent être concentrés sur cette entrée.

Si a la collecte il y avait eu quelqu’un de sérieux, rigoureux, impliqué, là encore nous ne serions sans doute pas là, en tout cas moins nombreux.

C’est facile à dire après, c’était facile à faire avant, c’est un problème de recrutement fait dans un petit cercle, entre « copains », même promotion, élève-directeur de thèse, ce n’est pas compliqué et en cas de problème on se sert facilement les coudes…

==> Avec M Job nous atteignons le sommet.

C’est un homme très bien, rigoureux, sérieux, méticuleux, le Professeur Agid nous l’a dit. Sauf que, si son témoignage est sincère, un homme comme cela à la tête de France Hypophyse va réfléchir, sur ce que l’on peut améliorer, sur ce qui risque d’être mal fait.

C’est le rôle d’un secrétaire dans une entreprise, suppléer le PDG ou le DG, sur les points d’organisation faibles, sur les échanges entre entreprises, et c’est la touche que les actionnaires attendent d’un nouveau DG.

Mais ce n’est pas le cas. Donc je me pose la question sur le jugement qui a été fait sur M Job par le témoin… Et si tout le témoignage était pareil, vouloir défendre à tout prix ses pairs…

M Job avait l’information par Mme Mugnier que la collecte était mauvaise, il l’a reconnu, et au lieu de s’attaquer au problème, avec son aura, dont tout le monde médical nous parle, c’était réglé tout de suite, et bien non il laisse faire…même en 1980 il ne revient pas sur le sujet, et toujours pas en 1985 !

Je n’ai jamais eu un patron comme ça ! Ceux que j’ai eu, dès qu’il y avait un endroit ou ça pouvait faire mal, il appuyait dessus, vous savez comme nos médecins de campagne, qui ne sont pas très sûr d’eux, mais qui vous soignent, eux, sans vous tuez, les humbles quoi !

Nous parlions d’entreprise étendue, tout à l’heure, et le processus de fabrication de l’hormone de croissance en est un, et bien le responsable global du processus, c’est le patron de l’entreprise qui fait le marketing, et ici, c’est France Hypophyse par analogie, donc M Job !

Or, que nous dit M Job, France Hypophyse n’était pas mon activité principale, c’était Saint Vincent de Paul ! Mais alors pourquoi continue-t-il à France Hypophyse ? Pas pour l’argent il nous l’a dit puisqu’il n’a même jamais bu un café payé par France Hypophyse ! Pour la gloire sans doute et sa notoriété… Mais puisqu’il reconnaît que ce n’est pas son activité principale, pourquoi n’a-t-il pas délégué à quelqu’un cette gestion ? Peut-être était-il trop sûr de lui ?

Et c’est lui qui, pour moi, depuis le début, mais surtout depuis le commencement de ce procès, est le principal fautif !

En conclusion, Nous avons plusieurs personnes qui se rejettent la responsabilité, sauf une ou deux ;

Nous avons plein de gens qui font mal leur travail, Ils me donnent l’impression d’être laxistes, au moins par moment, ou trop sûr de leur puissance intellectuelle.

Chacun s’en remet aux autres pour couvrir ses erreurs

Visiblement il y a des gros problèmes de communication entre tout le monde

Il n’y a pas de vrai patron (il veut bien les honneurs mais pas les embêtements)

J’ai écrit, le 1er novembre 2003, parce que je trouvais le temps de l’instruction trop long :

Pour accepter la mort de notre enfant, quel est le délai raisonnable ?

Pour accepter la mort de notre frère ou de notre sœur, quel est le délai raisonnable ?

Pour accepter l’injustice, quel est le délai raisonnable ?

Pour accepter le laxisme, quel est le délai raisonnable ?

Pour la constitution d’un dossier, quel est le délai raisonnable ?

Pour prendre une décision, quel est le délai raisonnable ?

Pour demander pardon, quel est le délai raisonnable ?

Chaque réponse n’est pas simple, et très subjective.

Que nous soyons juge d’instruction, magistrat, prévenu ou partie civile, chaque réponse sera différente !

Nous sommes des êtres raisonnables, mais des êtres quand même.

Alors il faut que l’instruction soit close pour qu’enfin nous puissions entendre leurs arguments et comprendre pourquoi certaines décisions ont, ou n’ont pas, été prises ?

Tous ces hommes qui ont contribué à la mort de nos enfants, pensent-ils à eux en ce 1er Novembre ?

Comme toutes les familles des 90 victimes, nous OUI, et cela fait 12 ans jour pour jour que notre fils Nicolas est mort, symbole ?

A la question : Pour accepter la mort de notre enfant, quel est le délai raisonnable ?

Nous ne connaissons toujours pas la réponse

A la question : Pour demander pardon, quel est le délai raisonnable ? Nous connaissons la réponse : c’est maintenant !

Job :

Je ne peux à la minute répondre au réquisitoire de M. Guillemet. J’ai gardé le souvenir ineffaçable de Nicolas sur sa chaise. Je demande pardon à M. et Mme Guillemet.

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Benziane, Ilyassil.....................................page 157 ordonnance de renvoi

Mor : efficacité du traitement.

Billette : Je ne suis pas endocrinologue, je ne peux vous dire que des généralités.

Osmane, frère d’Ilyassil représentant sa famille : Ce n’est pas facile, je suis le petit frère d’Ilyassil. Suite à son traitement il a commencé à être malade, il tremblait, tombait sans cesse. Il ne pouvait pas aller à l’école. Quelque fois il se sauvait de chez nous pour retourner en classe. On lui a fait une biopsie de son vivant, quand il est revenu de cet examen, il avait perdu l’usage des mains, de la parole. L’hôpital ne voulait pas le garder, on a été abandonné de tous. Quand nous avons exprimé le désir de déposer plainte, on a essayé de nous influencer. J’ai encore en moi ces images des pompiers essayant de réanimer Ilyassil. Nous avons déposé plainte et je remercie ici maître Mor de s’être occupé de nous. Le 26 mars 1993, M. Kouchner ministre de la santé, nous a réunit, nous et les autres familles atteintes par la MCJ, afin que nous ne déposions pas plainte. Grandir aussi est venu à la maison pour nous inciter à ne pas déposer plainte. Je voudrais que les avocats des prévenus pensent aux familles.

On demande de pardonner mais je ne pourrai jamais pardonner.

Mor : Parlez nous de la biopsie de votre frère ?

Osmane : après cet examen, il n’était plus le même, il a perdu l’usage de la parole, des membres. Aucun dispositif n’a été mis en place pour nous aider, ni assistance, ni psychologue ni aide médicale.

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BONNET, Jean Pierre.............................page 160 ordonnance de renvoi.

Michel : Je suis le frère de Jean Pierre. Mon frère a commencé son traitement à Montpellier. A l’époque ce qui nous avait frappé c’est que les boîtes de médicaments n’avaient pas de notice. Il a pris 40 cm le temps de son traitement mais surtout il agrandi vers 16/17 ans. Il a eu 3 ans de répit, de vie normale, il s’est fiancé. Puis les premiers troubles sont apparus en janvier 1991. Il a perdu totalement l’usage de la parole. Le diagnostic a été posé à cette époque. Nous avons été seul avec la maladie, mon père était prostré, il est mort en mai 1991 d’un infarctus foudroyant. C’était lui aussi une victime indirecte de la MCJ. Ma mère passait ses journées à l’hôpital. Mon père avant de mourir avait écrit à Job, il lui a répondu qu’il n’y avait que quelques cas douteux en France et 3 décès aux USA. J’ai eu une entrevue avec Job. Mon frère a été victime d’un crime organisé. L’état a proposé une indemnisation, maman a refuse pour Jean Pierre. Je suis retourné voir Job fin 1992. Entretien rapide, il m’a dit "on se verra devant un tribunal. Je ne vais pas me rouler devant vous en me disant c’est de ma faute".

Ma mère ne s’est jamais remise. Elle est morte en 1996. Trois personnes sont mortes tout compte fait de cette maladie. Ce qui me choque le plus, c’est l’attitude de ces gens, ce n’est pas moi, c’est lui, on n’est plus à l’école. On reconnaît un homme à ce qu’il est capable de dire mais pas à bac+12. Job le donneur d’ordres, est pour moi le plus grand responsable. Je pense que ces chercheurs auraient du faire comme Pasteur qui s’est inoculé le vaccin de la rage avant de la donner à ses patients. Vous auriez du faire la même chose, messieurs. Le grand absent dans ce procès est aussi l’état.

Tribunal : M. Bonnet nous a raconté sa visite chez vous.

Job : Je ne me souviens plus. Depuis le début de l’enquête, je suis privé de mes dossiers, ma mémoire vivante. Je prends part profondément aux malheurs des malades et de ceux qui les entourent. Je demande simplement si je suis le responsable car on dit Job, Job, Job, je n’ai pas agit sans contrôle ni réflexion. Ce sont des décisions collégiales.

Mor : la rencontre avec Kouchner. Avez-vous connaissance de ce rapport ?

Job : Je n’en n’ai pas connaissance. Le rapport Igas était pour le ministre. 16 ans après je ne peux pas anticiper.

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Guiffard, Christophe…………………….Page 189 ordonnance de renvoi.

Mor : La prise en charge de Christophe ?par des pédiatres à 22 ans ?

Billette : C’est une pratique pédiatrique courante de suivre ses patients. C’est une faiblesse de pédiatres. C’est vrai que pour les prises en charges, il n’y avait pas de structures.

Mor : La question de la prise en charge ?

Billette : C’était galopant on a été très démunii au départ. L’indemnité d’urgence n’existait pas.

Sophie : Je suis la sœur de Christophe. Je n’étais pas née au début de traitement de Christophe. Ma mère a rencontré Job en 1979. Tous les 3 mois, ils consultaient pour avoir les piqüres à la pharmacie centrale. En 1989, Christophe a volontairement arrêté son traitement, il n’en voulait plus. En 1994, il a commencé à avoir des soucis de marche, délocution, il trébuchait. En mars 95, ma mère est allé à Paris pour voir le professeur Chaussin. Sans examen, près d’un ascenceur, il nous a dit que Christophe était condamné. Job nous a dit qu’il n’y avait aucun espoir pour mon frère.

Mor : La prise en charge par Job à Paris ?

Sophie : Ma mère avait rencontré la religieuse psychologue, elle encourageait le traitement de Christophe.

Mor : le traitement par lui même ? Les risques ?

Sophie : Ma mère m’a dit qu’elle avait signé un document chez Job. A aucun moment on ne lui a parlé de MCJ. On n’a pas été très entouré. Grandir a contacté ma mère, la présidente Mme Hallain est même venue à la maison pour rencontrer Christophe, en fait elle est venue deux fois. Ma mère a du arrêter son travail pour que Christophe puisse rester à la maison entrouré des siens et de sa famille. Grandir a fait des démarches pour que l’on ai un kiné, une aide soignante. Elle a proposé une aide financière à ma mère.

Mor : Avez vous eu des nouvelles de Job ? Sophie : Non, sauf une lettre pour le décès de Christophe.

Fin d’audition.

Job à la barre.

Job : J’ai un souvenir très précis de Christophe Guiffard. J’étais en retraite quand j’au su pour sa MCJ. J’ai proposé de venir le voir à Lisieux.. Cela a été refusé, Grandir m’a fait part des problèmes immenses pour un patien grabataire. J’ai agis selon mes moyens. J’ai tenu un registre de mes communications téléphoniques.

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Fauverge, Rémy………………………….page 247 ordonnance de renvoi.

Hélène : Je suis la mère de Rémy. Il a eu un cancer du cervelet tout jeune. C’était une force de la nature, rieur, grand. Suite à son cancer, il a eu – mois de radiothérapie et de la chimiothérapie. Mais enfin tout allait bien. Il avait un curcus normal, apprécié de tous. Il adorait la musique, le dessin, les fêtes de famille. En 91 les premiers signes sont arrivés. On a pensé à une récidive de sa tumeur mais on a fait le rapprochement avec les hormones de croissance.

La MCJ est une horreur absolue, c’est un calvaire pour tous, étape par étape. On a gardé Rémy à la maison. Toute la famille s’y est mise pour l’entourer, on l’a soigné, on a fait un espèce de rempart, un rempart d’amour en fait. On a fait tout pour qu’il quitte ce monde le mieux possible.Il a perdu toute autonomie, à la fin il ne restait plus que son regard. Hélène parle du regard des victimes de la MCJ, de leur silencieuse détresse. On ne peut plus jamais vivre comme avant. Nous nous sommes retrouvés dans la plus extrème solitude vis à vis du corps médical. Tous les infirmiers libéraux que j’ai sollicité ont tous refusé de venir chez nous. Après sa mort personne ne s’est occupé de nous. Personne sauf l’association MCH APEV qui deviendra MCH HCC. On a trouvé aurpès de ces parents qui avaient connu le même drame, de la compassion.

Jean Pierre : Je suis le père de Rémy. Le professeur Agid a dit qu’il y avait un partage de responsabilité entre parents et médecins. Formulation odieuse, à tort ou à raison mais c’est ainsi. Aucun mot ne nous à jamais été dit, ni avant, ni pendant, ni après le traitement. Pour les familles, la pénibilité c’est la durée de l’épreuve. Depuis 1992, on a vécu avec cette épée de Damoclés, qui nous a hélàs frappé. Pendant 7 ans, on a bombé le dos, cette peur de la maladie, cette destruction systématique impitoyable des fonctions. Souffrance pour la victime qui devient grabataire. Même après notre dépôt de plainte, on a assisté à une guérilla pour faire capoter le procès. L’instruction a été particuliérement longue. Aujourd’hui elle a porté ses fruits. Mais depuis le début du procès, les familles ont eu le soulagement de le voir arriver, mais aussi les angoisses de remuer tout cela. Mais on a pu entendre toutes les imprudences pendant la collecte, le défaut de sérieux pendant la fabrication. On n’a pas été convaincu par le systéme de défense des prévenus même par ces experts venus d’Amérique. Les industriels de la pharmacie ont pris des précautions, mais pas France Hypophyse, notamment le non retrait des lots après la première alerte .

Nous comptons sur la justice pour que la vérité et la lumière soient faites.

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Bianco, Gilles……………………………..page 180 ordonnance de renvoi.

Roger : Parle de son fils décédé le 14/02/95, il avait 28 ans, empoisonné par des personnes peu scrupuleuses simplement pour de l’argent. Il était de petite taille, le médecin nous a dit que nous pouvions faie confiance aux grands médecins également à Pasteur. Gilles était un fanatique de football. Fin 85, il a finit son traitement, il a travaillé ensuite normalement.

1ère alerte j’entends une info sur le décès d’un patient américain., Gilles l’a entendu aussi. Je n’étais pas rassuré du tout.

2ème alerte Gilles doit mettre des lunettes.

3ème alerte il a commencé à faire des erreurs lors de match de football.

Il me disait “Papa je vise à droite et je tire à gauche”. Nous avons su très vite qu’il avait la MCJ. Il est revenu chez nous pour mourir, il a suivi le calvaire de tous ces jeunes. Le docteur Billette de Villemeur lui a dit des paroles réconfortantes pour le rassurer. Gilles est parti petit à petit dans une pièce ou la mort faisait son chemin. J’ai liquidé mon entreprise pour pouvoir m’occuper de lui, le nourrir par sonde pendant 17 mois. Il avait honte que ses amis footballeurs le voient dans son état, Messieurs Dames mettez vous cela dans un coin de votre mémoire. J’ai essayé de vous raconter ce que mon cœur de père a vécu. Supporteriez vous de voir vos enfants ou petits enfants mourir de la sorte.

Fin d’audition de Bianco, Roger.

Fin de journée.

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Journée du 27 mars 2008

Matthieu, Jean Philippe…………………….page 162 ordonnance de renvoi.

Mor : Essai de traitement essayé sur le jeune Matthieu, Jean Philippe ?

Billette : Immunostimulation utilisée dans structures infectieuses pour pathologie infectieuse, pour modifier les capacités de défense immunitaire du patient. C’est un traitement qui est à l’heure actuelle abandonné.

Jana : Je suis la maman de Jean Philippe. C’était un enfant en très bonne santé. Quand nous avons constaté sa petite taille, le médecin de Lyon nous a présenté un traitement sans danger, sans risque pour le faire grandir. Il a eu ce traitement par l’hôpital de Lyon, mais la première fois il a été recalé car il ne réagissait pas. Il a eu en fait son traitement un an après la première demande. Il n’a pas accepté ce traitement dès le début, c’était une contrainte , il se révoltait contre ces 3 piqures hebdomadaires. Il n’aimait pas ça. On a essayé de le convaincre, on nous a culpabilisé nous disant que sans traitement, il resterait petit. Jusqu’en 1985, cela s’est à peu près bien passé. Nous avons appris les cas américains dans la presse étrangère. On nous a rassuré, c’est Pasteur, faites confiance ! En 1990, notre fils a comencé ses premiers troubles (irritabilité, tristesse). On a consulté à Lyon, c’est l’assistante du professeur qui nous a rassuré. On lui a fait passé un scanner. Il est parti en voyage scolaire en Espagne, cela s’est très mal passé (fatigue, fièvre). Il a fait un tas d’examen mais sans résultat. L’entretien avec le médecin a été abominable. Son état s’aggravait mais il n’y avait pas de diagnostic. C’est notre pédiatre pour finir qui nous annoncé la MCJ (pas de traitement, maladie mortelle). On a fait des recherches à l’étranger. Un médecin américain avait soit disant des résultats. Nous sommes donc allés aux USA poiur faire ce traitement. On nous prélevait nos globules blancs pour les injecter à Jean Philippe. Même notre fille a participé. Malheureusement ce traitement n’a pas marché. On avait eu un peu d’espoir. On est rentré chez nous et on a médicalisé notre maison. On s’est relayé en famille, avec les kinés, infirmières, amis pour s’occuper de lui. Dormont nous avait dit qu’il fallait tenir 10 ans, le temps de trouver un traitement. Malheureusement il est mort le 04 février 1993. On a été très entouré sauf par le corps médical. On a été très déçu du comportement de ces grands médecins. 1 an après on a appris que ce traitement n’était pas si efficace que cela. Jean Philippe a grandi de 20 cm sans traitement c’est à dire..

Mon père n’a pas survécu à Jean Philippe, il est mort d’un cancer foudroyant. On n’arrive plus à être comme avant, malgré notre famille, amis et l’association.Il a été très difficile d’avoir les noms et adresses des autres victimes. On a du se battre pour tout. Je voudrais remercier tous ces gens qui nous ont aidé. Par contre ce que nous avons découvert est pire que le rapport de l’Igas.

Hier le professeur Job s’est excusé du bout des lèvres. Jamais, jamais il ne s’est remis en cause. C’est regrettable.

Tribunal : Avant le traitement estimation de la taille adulte de votre fils ?

Jana : 1,50/1,55 m, c’est vivable, il a eu un traitement qui n’était pas vital. Il a même eu une interruption de 6 mois suite à notre déménagement. Ce n’est pas notre place d’être à la place des accusés. On nous a menti.

Mor : En 85 vous avez appris le risque dans les journaux étrangers ? Rappelez cet épisode.

Jana : Suite à la lecture de ces journaux, on s’est déplacé à Lyon pour en savoir plus. Sur place, on nous a rassuré, cela ne pouvait pas arriver (fabrication parfaite par Pasteur).

Mor : Avez vous essayez de rencontrer Job ? Jana : mon mari, oui. Job a refusé de le rencontrer seul, il voulait un témoin. Mon mari s’est déplacé avec un ami, Job a pris quelqu’un de grandir ( Daniel Bouvier d’après Jana). C’était de l’arrogance, de la suffisance. Il a dit qu’on ne pouvait rien faire.

Parquet : En 85 avez vous signé quelque chose ?

Jana : je ne m’en souviens plus.

Audition de Nathalie Matthieu

Nathalie : Mon frère avait des injections 3 fois par semaine, c’était un rituel 1 jour sur 2. Il fallait le convaincre, c’était lourd, il n’y allait pas de gaieté de cœur. Il était résigné et voulait nous faire plaisir. En 90, quand la maladie s’est déclarée, je me souviens d’un week end où j’apprends ses soucis d’équilibre. On a eu une période difficile, je voyais les symptômes évolués chaque week end. On a eu une impression d’abandon. J’ai été très complice avec mon frère le temps de ces examens à Lyon. Je suis très en colère pour ce que mon frère a subi, surtout toutes ces contraintes, dans ces derniers moments de lucidité. On a su pour la MCJ, on l’a accompagné pendant un an et demi, c’était très lourd. Je m’en occupais le week end, la maison était un vrai hôpital. Nous avons du apprendre des tas de gestes professionnels hospitaliers pour la kiné, la trachéo.

Ensuite il est mort. Pour nous il faut vivre avec. Je comprends les risques inhérents à la médecine, je ne peux pas concevoir cela comme une fatalité, après tout ce que l’on a entendu ici (manque de transparence, rigueur, condition de fabrication, de tel cafouillage). J’attends une reconnaissance de responsabilité de ces personnes

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Malléjac, Nathalie……………………….Page 227 ordonnance de renvoi.

Sophie : Nathalie était ma grande sœur, heureuse de vivre d’une grande bonté, aidant sans arrêt les uns et les autres. Elle savait se réjouir de choses simples, elle a toujours accepté sans se plaindre toutes ses piqûres ignorant que ce rituel était une condamnation à mort. Je revois ces chutes, la perte de ses capacités. Elle le pilier devait maintenant dépendre des autres, ces hallucinations, ces propos démentiels, le désarroi de mes parents, l’incompétence et la lâcheté d’un neurologue brestois, son agonie, on devait attendre sa mort. Et toutes ces interrogations sans réponse ? Je me sens coupable de ne pas avoir compris sa maladie.

Mor : Connaissances des lots à risques ?

Sophie : Mes parents détenaient ces informations du pédiatre.

Notre famille a été brisée par ce drame, mon père est gravement malade, ma mère s’implique activement dans ce procès pour que justice soit faite.

Bernadette : Je suis la maman de Nathalie, je veux m’associer au témoignage de ma fille Sophie, mon mari étant souffrant. Nathalie était courageuse, tenace dans sa vie trop brève. Son métier d’institutrice était toute sa vie et son désespoir a été d’arrêter, son passe temps favori était le dessin. Pendant 5 longs mois, seul son regard s’exprimait, ça a été une épreuve insoutenable, son départ est une déchirure. Nous gardons dans note cœur son image, elle n’était qu’amour, espérons qu’elle vous pardonnera !

Mor : le cas de Nathalie a fait reculer la période à risque de 84 à 83 ?

Bernadette : mon mari ophtalmologiste, c’est lui qui a été avisé des cas, c’est le pédiatre qui nous assuré qu’elle n’était pas dans les lots à risques.

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Filtrès, Benoît……………………………page 223 ordonnance de renvoi.

Mor : Le rappel des faits : le père mesurait 1,65 m et la mère 1,55 m, Benoît était à – 2 déviation standart, il y avait donc une prédisposition familiale à être petit ?

Billette : On peut se poser la question à postériori, les tests de dépistage de l’hormone ne répondait pas. Cela plus la petite taille familiale pouvait donc donner l’impression qu’il fallait ce traitement.

Léa : je suis la maman de Benoît Filtrès. Je suis petite, on peut donc se poser la question de ce traitement. La justice tranchera sur la responsabilité des gens qui sont là. Pour nous le verdict est déjà tombé, notre fils est mort.

Et les dommages collatéraux, on l’a entendu hier, tous ces pères, mères, frères et sœurs qui ont souffert. Des témoins sont venus s’extasier sur Pasteur, de la durée de l’augmentation de la durée de vie.

Je suis coupable d’avoir fait confiance à ces gens, quels étaient les véritables buts de ce traitement ? C’est vrai, il était petit, mais il s’y était fait. C’est le pédiatre qui nous a parlé du produit. On lui donnerait ce que son corps ne produisait pas, c’était l’œuvre de grands professeurs, sous l’égide de Pasteur, donc sans risque. Il a eu son traitement comme tous les autres enfants. A 20 ans, il est en prépa pour l’école d’ingénieur, il a une compagne Laetitia, il est heureux. Dès le début 92, il a su le début des victimes, il stressait, son angoisse, la mienne. Le médecin le rassurait. Il se documentait, lisait les articles médicaux. A 25 ans, il vit en couple à Rennes, il veut être papa. Ensuite ça a été la spirale de la maladie, il espérait en fait une autre maladie (tumeur), quelque chose qui ne serait pas irréversible. Il est parti en voyage en Guyane, pour le seul grand voyage qu’il ait fait. Il a exigé une hospitalisation pour savoir. Nous avons tous du faire des démarches harassantes pour le médicaliser chez lui. 7 ans, après le 1er cas, nous vivons la même galère que pour ce 1er cas. Toute la famille l’a accompagné, les amis l’entourent. Il a complétement fini d’être heureux. Il est devenu en toute lucidité spectateur de sa propre déchéance. Pour cela je vous en veux. Cette détresse dans son regard, nous avons essayé que sa fin de vie soit la plus douce possible faisant fi des regards des autres. Je veux remercier les associations des paralysés de France, la MCJ HCC.

Je veux parler de la cellule du docteur Brandel ou j’y ai trouvé réconfort et aide. Benoît était prêt à aller aux USA pour servicr de cobbaye à Prusiner, il est mort d’avoir fait confiance à des gens admirables et à un organisme prestigieux. Il était le 57ème mort, combien encore ? Je n’ai jamais rencontrer un seul d’entres vous, les prévenus. Il n’y avait pas de nécessité vitale, mais un risque mortel. Nous sommes dévorés par le chagrin et la culpabilité. Si je n’avais pas craint sa petite taille….

Frère de Benoît : Je ne veux pas exprimer ma peine mais ma révolte de ne pouvoir donner mon sang, mes organes, face à vous qui êtes de marbre comme celui qui recouvre mon frère.

Audition de Lecornu, Marcel, médecin en retraite, 73 ans.

Témoin cité par partie civile.

Avocat : Vous avez été médecin endocrinologue à Rennes. Le bénéfice/risque de ce traitement ?

Lecornu : j’ai d’abord présenté le dossier à la commission de répartition de France hypophyse. Je n’ai jamais été avisé d’un risque concernant ce traitement.

Avocat : En 1985, année charnière, avez vous donné à la famille une information particulière ?

Lecornu : réponse inaudible du témoin.

Avocat : Job a dit qu’en novembre 85, que ce sont les prescripteurs qui ont préférés l’hormone extractive à la biosyntétique ?

Lecornu : Non je ne m’en souviens pas, en 87 le traitement a été autorisé par France Hypophyse. Avocat : j’ai devant moi la prescription de 83 à 85.

Réponse inaudible du témoin Lecornu.

Mor : Lors de l’examen de Benoît, les antécédents familiaux faisaient apparaître une petite taille familiale.

Lecornu : je pense que je me suis posé la question. Il n’a été traité qu’en 87

( le témoin doit se tromper dans les dates sinon cela repousse la période à risque de 83 à 87).

Fin audition de Lecornu.

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Hochedez-Prével, Christophe………page 238 ordonnance de renvoi.

Magali : je suis la sœur de Christophe. Il était de petite taille, il disparaissait derrière son gros cartable. Il a eu des injections 2 fois par semaine pendant 4 ans. Son traitement a été interrompu sans raison. C’était un collectionneur de minéraux, il passait toutes ses économies à acheter des pierres. Il était minutieux. A 15 ans, il a eu une nouvelle passion, la moto. Il fréquentait le circuit Paul ricard comme juge de piste. En 1998, il s’est marié, il voulait un enfant. Puis il a commencé à être malade, il a fréquenté plusieurs hôpitaux. C’est sa compagne qui a été avisée la première de la MCJ. Il était persuadé qu’il allait guérir, il connaissait la MCJ mais ne voulait pas en parler. Nous l’avons entouré du mieux que l’on a put, nous n’avons pas eu de soutien psychologique. On le considérait comme un pestiféré, on l’a ramené chez lui. Son état se dégradait, il est décédé en novembre 1999. Comment faire confiance au milieu médical ? Quand on a perdu un mari, un frère, une sœur, un enfant !

Mor : L’information sur les risques de la MCJ en 1985 ?

Magali :Aucune info

Mor : Comment on vous a présenté le traitement ?

Magali :C’est le docteur Fontaine qui nous a présenté ce traitement.

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Hamon, Philippe……………………page 250 ordonnance de renvoi.

Mor : J’ai le carnet de santé du jeune Hamon. La progression de la taille est inscrite. Il prend 1 cm à chaque consultation. C’est une progression modérée. Votre avis ?

Billette : Consulte le carnet. En effet le traitement n’était pas très efficace.

Mor : On est dans la moyenne basse. Philippe Hamon est dans la puberté, logiquement il aurait du grandir encore.

Billette : Je ne peux pas répondre.

Mor : les parents ne sont pas grands (père 1m60), l’influence sur l’efficacité du traitement ?

Billette : La taille des parents a une influence sur la taille de l’enfant, c’est sûr, mais c’est une généralité.

Mme Hamon : je suis la mère de Philippe, je suis là pour exprimer mon désarroi. Je n’en suis pas capable et c’est ma fille Sophie qui va en parler.

Sophie : Je suis la sœur de Philippe, je suis là pour qu’il retrouve sa dignité. A 12 ans, des médecins ont décidé qu’il n’avait pas la bonne taille. C’est le Dr Lecornu qui nous a imposé ce traitement sans nous expliquer comment étaient prélevé les hypophyses. Notre famille ne se doutait pas des évolutions tragiques. Le Dr Lecornu a présenté pour moi aussi ce traitement mais ma mère a refusé.

Passionné par la vie et la nature, il s’épanouit dans sa vie professionnelle. Puis les troubles arrivent, la maladie est suspectée. En 2000 nous sommes reçus par l’équipe de Brandel qui confirme avec délicatesse la MCJ. On nous a orienté vers l’association MCJ HCC, puis nous avons fait face sans larme devant lui. Son état s’est dégradé, il est revenu vivre au domicile des parents, il gardait bon moral au centre héliomarin. En novembre 2000 son état s’est encore aggravé, Philippe a subi en toute lucidité sa dégradation physique.

7 ans que l’on attend des explications, des pardons et des excuses.

Mor : votre maman est adhérente à Grandir ?

En 1985, elle a juste reçu un document indiquant qu’un patient a été malade sans en indiquer la cause, mais qu’on pouvait continuer le traitement.

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Gilbert, Emmanuelle……….n’apparaît pas dans l’ordonnance de renvoi. (Plainte partie civile en 2005 – décédée le 06/03/2006)

Claire : je suis la sœur jumelle d’Emmanuelle. Je souhaiterai remettre au tribunal et aux prévenus la copie de ce texte (acceptation du président)

Je témoigne pour faire part de ma peine et c’est l’enfer pour ma sœur. Elle est née le 13/10/1979, je voudrais que les 7 personnes présentes à droite entendent mes mots et passent autour du mur qu’ils ont dressé.

Qu’ils se mettent à la place des parents, des frères et des familles ;

En novembre 1980, elle a commencé son traitement, Job auscultait ma sœur debout sur une table, avec 20 personnes derrière qui regardaient. Manu était un personnage, une joie de vivre, beaucoup de caractère. Elle s’est forgée un caractère de battante. Elle croquait la vie, s’était un bout en train. Généreuse, elle adorait danser. Sa passion s’était les animaux, elle en a fait son métier. Ma sœur s’était ma moitié, on s’aimait. Aujourd’hui c’est douloureux car on a retiré une partie de moi même. C’est seulement 26 ans de souvenirs. Ce qui m’a été sauvagement retiré, touts ces souvenirs qu’on n’aura pas. Le 13/10/2007 je n’ai pas voulu fêter mon anniversaire le verdict a été lâché, MCJ, pas de traitement, la mort au bout… demande la permission de se tourner vers Job et se tourne vers lui. Vous étiez le professeur qui a suivi ma sœur jusqu’au bout. Combien c’est difficile, on a prit un coup de couteau par une personne avec qui on avait confiance.

Vous n’êtes pas le seul, vous êtes 6. En tant qu’humain vous et votre conscience vous devez lui dire pardon.

Claire parle ensuite de la maladie de sa sœur jumelle. Prisonnière de son corps, souffrir sans pouvoir l’exprimer, lucide jusqu’au bout. Son départ a été une délivrance.

M Gilbert : je suis le père d’Emmanuelle. C’est M. Job qui l’a soigné, aujourd’hui je dis monsieur car je ne lui reconnais plus le titre de docteur. Job et Dray savaient dès 1980, les alertes de Montagnier. Job avait pour volonté de faire grandir les enfants, mais je pense que son ego était plus grand que sa volonté. Aujourd’hui j’ai appris beaucoup de choses à ce procès, les prélèvements douteux, l’Uria. Pourquoi cette volonté de jouer à l’apprenti sorcier. En 1985 Job m’a menti. Ce n’était pas de l’ignorance, il m’a fait signer un document.

M. Gilbert a tendu la perche à Job, lui demandant de reconnaître ses fautes.

Celui-ci n’a pas bronché.

Son avocat Bès de Berc a prit la parole indiquant au tribunal qu’on avait atteint les limites de ce qui pouvait être dit.

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Tison, Mickaêl………………………………page 168 ordonnance de renvoi

Joël : Mickaël travaillait dans la restauration, il adorait les animaux surtout les chevaux. Je jouais avec lui, il s’intéressait à tout. On a constaté un retard staturo pondéral, une déficience totale en hormone de croissance. Nous avons du prendre une décision. Coupable du non si on ne traite pas, du oui si le traitement s’avère dangereux. Les médecins nous ont donné confiance.

Désolé je n’ai pu prendre de notes supplémentaires. Joêl a parlé de son fils, à fait voir des photos au tribunal, cela a été particulièrement dur et émouvant.

Fin de journée

Journée du 28 mars 2008

Auditions des parties civiles ayant pour avocat maître Fau de l’association AVHC.

En début de séance, le président du tribunal fait part du référé que maître Mor a déposé au sujet de la diffusion prévue de l’émission de FR 3 relative à la maladie de Laurent Arrouas, émission devant être projetée devant le tribunal.

Mor : Conclusion de maître Mor, concernant la programmation de cette émission. Je ne souhaite pas que cette émission soit projetée dans l’enceinte du tribunal. Cette projection serait une atteinte à la vie privée de l’épouse de Laurent Arrouas et de sa petite fille Estelle âgée de 9 ans. J’ai été avisée hier de la projection de ce film, ma cliente vous a envoyé un fax. Elle désire être là le jour où elle passera devant le tribunal, je souhaite donc que ce film ne passe pas dans cette enceinte, il n’apporte rien au débat. Dans l’hypothèse ou le tribunal décide de passer ce film, il serait susceptible qu’il passe à un autre moment.

Parquet : je voudrais savoir si des procédures civiles sont en cours ?

Mor : oui mais dans les mains d’un autre confrère.

Parquet : Aucun jugement n’a été rendu. Laurent Arrouas de son vivant a donné son accord pour la diffusion de ce film. Je ne m’y oppose pas à la diffusion de cette émission bien que je reconnais qu’il n’apporte rien à la douleur à laquelle on ne peut pas rester insensible. Je souhaite donc que le cas Arrouas passe une autre fois. Fau : Cette programmation a été demandée par les parents et non pas par l’AVHC. Laurent Arrouas avait demandé que les derniers mois de son existence soient filmés. Il voulait apporter sa contribution à ce procès. Il a accepté de se prêter au traitement compassionnel au sulfate de penthosan pour aider à la compréhension du drame. Je demande donc au tribunal d’accepter cette diffusion. En ce qui concerne son cas, je souhaite qu’on en parle aujourd’hui. Pour Mme Arrouas Lise, épouse de Laurent je ne m’oppose pas à ce qu’elle vienne un autre jour. Toute la famille de Laurent est là, elle attend pour parler de lui. C’est une demande pleine d’insistance.

Chabert : La douleur est forte mais je veux poser une question. Les ayant droits (Estelle et Lise) ont ils signé une décharge pour la diffusion de ce film ? Le tribunal se réunit et décide la diffusion de cette émission et indique qu’il accepte que Mme Arrouas Lise, s’exprime un autre jour.

D’un commun accord, les membres de la MCJ HCC contestant la diffusion de cette émission, sortent tous du tribunal

Diffusion pendant 25 minutes de l’émission.

Arrouas, Laurent………………………….page 273 ordonnance de renvoi.

Parquet : A 22 ans, on a reproposé un nouveau traitement à l’hormone ?

Billette : Ce traitement a été proposé pour lutter contre des troubles du comportement, je pense ou de l’hypoglycémie.

Tribunal fait mise au point concernant les parties civiles et demandent ni invectives, ni injures ou polémiques.

Arrouas : je suis la mère de Laurent. Je tiens à remercier le tribunal pour la vision de ce film. Je n’y suis pour rien, c’est FR 3 qui est venu à l’hôpital pour interviewer Laurent. A titre posthume, aujourd’hui il a assisté à ce procès. Il voulait y participer, je n’y suis pour rien sincèrement. Je ne suis pas scientifique mais je veux vous parler avec le cœur d’une mère. Il n’a jamais été malade étant petit, il grandissait doucement, il était en très bonne santé. Mon mari étant à Air France, il est allé beaucoup à l’étranger. Nous sommes une famille de petits. Le traitement était contraignant. Ensuite on a doublé les doses, pourquoi alors qu’il ne grandissait pas. C’est vrai j’étais très protectrice, je regrette d’avoir accepter ce traitement, je m’en veux terriblement. Ensuite il s’est marié, il a eu une petite fille, je lui ai ôté la vie. Pourquoi on n’a pas arrêté ce traitement. En 1992, j’ai su que des enfants étaient morts. Dès qu’il a été malade, je suis allé à Trousseau. Le diagnostic a été posé par le docteur Billette de Villemeur. Il a fait de très nombreux examens. Laurent marchait très mal, il tremblait, dormait, il refusait sa maladie. Tout le monde s’est battu pour lui. Je n’ai plus quitté Laurent, nous habitions près de l’hôpital. Après l’opération au sulfate de Penthosan, il a repris du poil de la bête, j’étais folle d’espoir. Mais cela n’a pas duré. Il est mort en février 2005. Sa dernière parole a été de dire qu’il m’aimait. Le médecin nous a dit qu’il était contaminant. Le rabbin est venu et on a récupéré son corps.

Arrouas : je suis le père de Laurent. Je voulais préciser que ma femme a fait une tentative de suicide en novembre dernier. En ce moment elle est sous tranquillisants. Depuis la mort de Laurent, on ne vit plus, on survit. Quel gâchis colossal.

Joêl : je suis le grand frère de Laurent. On avait 10 ans d’écart. Il était adorable, drôle avec une santé de fer. Il réussissait sa vie d’homme. En 92, cela a été la crainte, mais on nous a dit que Laurent n’avait pas eu de lots à risques. On a rajouté qu’en 2000 tout danger serait écarté et qu’on pourrait sabler le champagne, c’est ce que l’on a fait. Pendant sa maladie, il a voulu dédramatiser sa maladie. Je voulais remercier Mme Goerrian et l’AVHC qui nous a beaucoup aidé et qui nous aide encore. Laurent a accepté avec beaucoup d’enthousiasme ce traitement compassionnel au sulfate de Penthosan. Aujourd’hui il a été présent et je voulais vous en remercier. Quand il est mort j’étais seul avec lui dans sa chambre et j’ai prononcé le chemin d’Israël. Aujourd’hui je me pose beaucoup de questions. J’ai le sentiment pour eux que la dissolution des responsabilités, les diminue. Leurs erreurs sont graves mais plus encore leurs silences. Pourquoi un des miens est mort, comme une amputation dans notre famille.

Rostaing, William……………………..n’est pas dans l’ordonnance de renvoi.

Stéphanie : je suis la belle sœur de William. Il était né le 27/07/68. Vers l’âge de 10 ans, il a testé en hormone de croissance. On a reconnu son nanisme hypophysaire. A 10 ans, il avait une taille de 4 ans. Ses parents sont décédés et c’est son frère et moi qui nous sommes occupés de lui. Il a été traité en 1978. Ses parents ne comprenaient pas bien ; sans voir ce qu’ils faisaient (famille hors norme). En 1993, William a appelé son médecin car il s’inquiétait d’une éventuelle contamination. Quand je l’ai connu en 1994, je ne connaissais pas son parcours médical. Il était très bon à l’école, il adorait la nature, il était éducateur canin. En 2004, les douleurs sont apparues, il s’est renfermé sur lui même. C’est là que je l’ai vraiment découvert. Il a été expulsé de son appartement. J’ai vu le film sur Laurent Arrouas et j’ai compris sa souffrance. Williams a accepté le protocole compassionnel, c’était sa décision. On ne voulait qu’il parte comme un chien à l’hôpital, on l’a pris chez nous et je l’ai soigné. Nous avons contacté l’association AVHC, nous étions dépassé, il ne marchait plus, incontinent. L’hôpital de Lyon a été exceptionnel pour mon beau frère. Nous avons déménagé pour mieux l’aider, il a eu sa propre chambre. J’ai été très soutenue par Mme Goerrian. Ma fille de 6 ans a été très marquée par l’image de son tonton. Même le SAMU ne savait pas comment le porter pour pas qu’il souffre. J’y pense sans cesse.

Témoignage très poignant de cette jeune femme

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Darghes, Dimitri……………….page 236 ordonnance de renvoi Famille absente.

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- Fredière, Denis…………………..page 164 ordonnance de renvoi.

Henri : je suis le père de Denis. Je n’ai pas grand chose à vous dire, je suis très ému d’être ici. Toutes ces choses qui ont été dites, ressemblent tellement à Denis. Il a été soigné pour une tumeur au cerveau, puis de la radiothérapie. On a constaté un retard de croissance. De 82 à 87, il a été traité. Puis la maladie est arrivée telle que cela a été décrit par les nombreux parents. Son état s’est aggravé très vite. Très dur à supporter. Tout le monde nous abandonnait, nous amis pensaient que la maladie était contagieuse. Il est décédé le 16/12/1992. Pourquoi la France a t elle le nombre de cas le plus élevé ?

Juban, Eric …..Décédé le 18/04/2006… n’est pas inscrit dans l’ordonnance de renvoi.

Isabelle : Je suis la sœur d’Eric, il est né en 1967. En 1978, il a eu un traitement d’hormone. Il mesurait 1,05 m, il a travaillé, il avait un emploi et était heureux. En 2004, les douleurs sont apparues, en 2005 il a commencé à perdre la vue, il marchait mal, il titubait. Certains pensaient qu’il était ivre et qu’il buvait. Cela le choquait. Son état s’est dégradé en tout point. Il tombait. Il a été médicalisé. Il a passé Noël 2005 chez nous, je savais que c’était son dernier noël. Nous avons eu la chance de connaître l’AVHC et Mme Goerrian. Nous avons pris attache avec les services de soins palliatifs. Il nous a quitté le 18 avril. Nous voulions le meilleur pour lui, et c’est le pire qu’il a eu.

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Dualde, Laurence : ……………..page 253 ordonnance de renvoi.

Sa maman, Claudine a parlé de sa fille.

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Frébillot, Franck……………………….. Page 174 ordonnance de renvoi.

Claudine : c’était mon enfant unique qui n’a pas eu de chance. Il a perdu un œil très tôt. En 1982, on a constaté qu’il était trop petit. J’ai fait confiance au médecin, il a eu ses piqûres d’hormones. On a accepté ce traitement pour qu’il grandisse, on fait confiance au médecin sans se poser de questions. Pendant cette période de piqûres, il a du refaire sa cavité oculaire. Les médecins ne savaient écouter les parents, ils se croyaient supérieurs à nous parents. Il a fait un CAP de cuisinier, il était heureux content de lui. En 1992, les symptômes de la MCJ sont arrivés, j’ai entendu à la radio les 1 ers cas français. J’ai appelé l’hôpital et il a été hospitalisé, il a été très courageux. Après la ponction lombaire, le diagnostic est tombé. Le ciel nous tombait sur la tête. Il est resté un certain moment à l’hôpital. Cela a été très vite. L’hôpital Necker n’a pas été très sympa avec nous.

Il ne connaissait pas la maladie, c’était comme une bombe qui était tombé sur Necker. J’ai lu le cas Benziane dans la presse. Cela m’a choqué. Je ne voulais pas qu’il souffre, j’ai donc arrêté de travailler. De 11h00 à 20h00, je me suis occupé de lui. Les aides soignantes ont été formidables et je les remercie pour Francky. Après 6 mois je l’ai enlevé de Necker. Nous nous sommes occupés e lui chez nous pour lui donner un confort de fin de vie. Rappaport que je croisais dans le couloir de Necker ne m’a jamais dit bonjour et n’a jamais pris des nouvelles de Franck. Il est décédé le 26/04/95 au matin. Il était mon fils unique, c’est un grand vide. Je ne suis pas là pour juger. Les prévenus qui seront jugés, comment je ne sais pas, ils n’ont semé que la douleur et la mort.

Je ne leur pardonnerai jamais, il méritait de vivre mais pas de mourir empoisonné.

Dubos Pascal : Je suis le compagnon de la maman de Franck. C’était un petit gars formidable, la contrainte de la piqûre était difficile. Je constate des négligences meurtrières à tous les stades de la fabrication de l’hormone. L’état de Franck s’est dégradé très vite, démence etc. J’ai eu un patron très compréhensif qui m’a aidé dans mon travail d’ambulancier. Franck est mort dans mes bras. Si vous le permettez monsieur le président, je voudrai dire aux prévenus

« Attendez la justice de nos enfants qui vous voient et vous attendent ».

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Stancke, Laurent………………Page 264 ordonnance de renvoi.

Carrouge, Bruno………………Page 184 ordonnance de renvoi.

Jubelin, Fabrice……………….Page 195 ordonnance de renvoi.

Bouvier, Isabelle………………Page 241 ordonnance de renvoi.

Trapet, Sylvain………………..Page 232 ordonnance de renvoi.

Dupuy, Jérôme………………..Page 196 ordonnance de renvoi.

Fin de semaine.