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Historique

HISTORIQUE
(mardi 3 juillet 2007)
ILS N’ETAIENT PAS PETITS... A EN MOURIR

Pour remédier à un déficit de croissance, plus de 2000 enfants ont été traités par des injections d’hormones de croissance, fabriquées à partir d’hypophyses humaines, entre 1973 et 1988. 111 d’entre eux ont été contaminés par l’agent de la M.C.J. (maladie de Creutzfeldt-Jakob).

Ils voulaient juste grandir… ils sont morts pour avoir reçu des injections contaminées.

L’hormone de croissance est secrétée par la glande hypophysaire, située à la base du cerveau. Une sécrétion insuffisante conduit au « nanisme hypophysaire » qui peut être compensé par des injections hormonales. Jusqu’en 1988, l’hypophyse était extraite de cerveaux de patients décédés afin d’en retirer l’hormone. Elle était alors injectée, sous forme de poudre diluée, aux patients par des injections bi ou tri-hebdomadaires, jusqu’à la consolidation des cartilages.

France Hypophyse se chargeait de recueillir l’hypophyse, l’Institut Pasteur de fabriquer la poudre et la Pharmacie Centrale des hôpitaux de Paris d’en assurer la distribution et la commercialisation. Les coûts des traitements étaient pris en charge par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie.

En France, à la suite de graves négligences, des lots de poudre d’hormone sont à l’origine de la maladie de Creutzfeld-Jakob (M.CJ.). Ces lots ont été contaminés par le prion, l’agent infectieux de la M.C.J - comparable à celle de la vache folle - parce que l’hypophyse était prélevée sur des cadavres suspects (personnes âgées souffrant de maladies nerveuses dégénératives….)

Une hormone synthétique ne présentant pas de risque de contamination est disponible depuis début 1985. Cependant, quatre lots contenant l‘agent infectieux ont été distribués jusqu‘en février 1986 (date de fin de distribution du dernier lot suspect). Ces quatre lots représentaient 30 grammes d’hormone, soit environ vingt mille ampoules de traitement. Ce n’est qu’en 1988 que l’hormone extraite d’hypophyses humaines sera abandonnée au profit de l’hormone synthétique, enfin autorisée sur le marché français.

En 1989 apparaissent les premiers cas français diagnostiqués de maladie de Creutzfeldt-Jakob. En décembre 1991, après le premier décès, une première plainte avec constitution de partie civile a été déposée et une instruction judiciaire ouverte. 50 familles et l’ Association M.C.J. APEV ont depuis porté plainte avec constitution de partie civile.

Onze médecins et hauts responsables des hôpitaux, de la Pharmacie Centrale et de l’Institut Pasteur sont mis depuis en examen pour homicide involontaire ou empoisonnement.

Le drame des hormones de croissance endeuille chaque année 8 à 10 familles. A ce jour, 81 adolescents ou jeunes adultes, traités par des hormones de croissance contaminées dans les années 80, sont décédés, dans des souffrances indescriptibles, victimes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. 6 cas sont en cours de développement de la maladie. Plus de 1500 personnes, jeunes adultes aujourd’hui, ayant reçu le même traitement sont susceptibles de développer cette même maladie dans les années à venir et vivent dans l’angoisse de l’apparition des symptômes qui les condamneront irrémédiablement.